Dans le détroit de Nantucket Sound, au large du Massachusetts, les poissons apparaissent devant les caméras sous-marines 93,4 % plus vite lorsqu’ils évoluent près de structures de récif que sur un fond sableux ouvert. En termes de temps, ils s’approchent de ces structures artificielles près de dix fois plus vite que d’une étendue de sable nu.
Ce résultat provient d’une comparaison menée par des chercheurs de l’université Northeastern et la Division de la Pêche Marine du Massachusetts, qui ont observé le comportement des poissons en quatre points du détroit. L’écart constaté confirme l’intérêt que présentent, pour la faune marine, des structures installées de longue date dans ce secteur.
Le récif étudié n’a rien d’une installation récente. Il a été construit à partir de 1978 par le Département des Ressources Naturelles de Yarmouth, avec le soutien de la Division de la Pêche Marine, sur une zone autorisée de plus de 50 hectares, dominée par un fond sablonneux presque sans relief. C’est le premier récif artificiel de ce type officiellement autorisé dans l’État, rapporte Clarin.
Des pneus remplis de béton, abandonnés depuis
La méthode d’origine était simple : trois à cinq pneus usagés remplis de béton, attachés en paquets, puis déposés sur le fond marin pour créer des cachettes. Le poids du béton a empêché les courants de disperser les pneus, contrairement à d’autres expériences où les pneus seuls avaient fini dispersés dans l’océan.
Des décennies plus tard, une inspection menée par des plongeurs a constaté que les structures avaient peu bougé, et que les secteurs comptant le plus de modules abritaient davantage de poissons.
Le récif a continué de grandir : des ajouts ont eu lieu en 1981, 1995 et 1998. Depuis 2014, 22 interventions ont permis d’incorporer plus de 17 000 tonnes de matériaux issus de travaux publics, dont environ 1 690 m³ supplémentaires en 2020. Il compte environ 2 500 unités réparties dans la zone autorisée.
Ce type de matériau a toutefois été mal employé ailleurs dans les années 1980, pouvant se dégrader avec le temps et libérer des substances polluantes. Les autorités du Massachusetts ont donc cessé d’utiliser des pneus pour agrandir le site. Elles privilégient désormais le granit et le béton propre, capables de créer du relief sans recourir à des pneumatiques usagés.
Onze espèces de poissons recensées par les autorités
Un relevé de la Division de la Pêche Marine a dénombré 11 espèces de poissons et 10 espèces d’invertébrés sur le site, parmi lesquelles le bar noir, le tautog, les moules bleues, les calmars et les homards. Les crabes, anémones et éponges figurent également dans les observations. Le rapport décrit un habitat stable et fonctionnel depuis plus de trois décennies, devenu un point de référence pour la pêche récréative et commerciale de la zone.
Chaque nouvel ajout de granit ou de béton doit répondre à des critères stricts, garantissant l’absence de peinture ou d’autres substances toxiques susceptibles de se diffuser dans l’eau.



