Des ingénieurs du MIT extraient du lithium à basse température : les coûts pourraient chuter de 50%, et l’industrie minière ne s’y attendait pas

Le MIT révolutionne l’extraction du lithium avec une méthode à basse température qui pourrait réduire les coûts de moitié.

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Des ingénieurs du MIT extraient du lithium à basse température : les coûts pourraient chuter de 50%, et l'industrie minière ne s'y attendait pas
Des ingénieurs du MIT extraient du lithium à basse température : les coûts pourraient chuter de 50%, et l’industrie minière ne s’y attendait pas © RSE Magazine

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) annonce une avancée spectaculaire dans l’extraction du lithium, une ressource clé pour l’électrification mondiale. Alors que la demande en lithium explose à cause de la montée des voitures électriques et des réseaux énergétiques, le défi est d’augmenter fortement la production sans faire grimper les coûts ni aggraver les répercussions environnementales. La solution proposée par le MIT pourrait transformer le secteur en réduisant à la fois les coûts et les déchets.

Pourquoi l’extraction du lithium devient un vrai défi

Indispensable à toute une série d’applications, le lithium est devenu une pièce maîtresse de la transition énergétique vers des énergies plus propres. Les réserves se trouvent notamment en gisement de lithium en Europe, aux États-Unis et en Australie, mais la Chine reste le leader mondial du raffinage du lithium. Pour rattraper ce retard, un quadruplement de la production mondiale est nécessaire d’ici 2040, une tâche colossale qui implique l’établissement de « centaines de nouvelles installations de production », selon Camden Hunt.

Traditionnellement, l’extraction du lithium à partir de roche dure demande des températures très élevées, souvent supérieures à 1 000 °C, et des traitements chimiques complexes. Ce procédé consomme beaucoup d’énergie et génère beaucoup de déchets. Benjamin Mowbray ajoute que « dissoudre la silice est la partie la plus difficile dans l’exploitation minière », une contrainte industrielle que le MIT cherche à réduire.

La méthode MIT : extraction à basse température et circulaire

Le procédé développé par le MIT mise sur une approche à basse température, utilisant le fluorure d’ammonium pour dissoudre le spodumène et extraire le lithium à température ambiante. Cette méthode, pensée dans un esprit économie circulaire, permet de récupérer et de réutiliser les solvants et réactifs, limitant ainsi les déchets miniers presque à zéro. Yet-Ming Chiang, parti d’une observation quotidienne d’une crème de gravure pour verre contenant du fluorure d’ammonium, est à l’origine de cette idée.

Le procédé produit des sels de lithium adaptés aux batteries, tout en donnant des sous-produits comme l’alumine et la silice, utilisables dans d’autres industries. Des tests réalisés sur 17 échantillons de spodumène venus du monde entier ont confirmé la viabilité de la méthode, qui pourrait diviser par deux les coûts d’extraction par rapport aux techniques actuelles.

La commercialisation en ligne de mire

La validation scientifique bénéficie du soutien d’institutions comme la National Science Foundation et du programme MIT Climate Grant Challenges. Une collaboration avec l’industriel Rock Zero, installé à The Engine, vise à porter cette technologie à l’échelle industrielle.

Au-delà des gains économiques, ce procédé présente un fort potentiel environnemental en minimisant les déchets et en valorisant la totalité des ressources minérales, une approche extraction écologique.

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