Des chercheurs ont trouvé des Américains anciens dans un lieu où personne ne pensait qu’un humain aurait pu vivre

Des pointes de pierre vieilles de 13 000 ans surgissent à 2 743 mètres d’altitude, là où la glace régnait en maître. Une trouvaille qui secoue les certitudes des glaciologues et réécrit l’histoire américaine.

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Des chercheurs ont trouvé des Américains anciens dans un lieu où personne ne pensait qu'un humain aurait pu vivre
Des chercheurs ont trouvé des Américains anciens dans un lieu où personne ne pensait qu’un humain aurait pu vivre © RSE Magazine

Des archéologues ont mis au jour des vestiges et des artefacts datant de l’ère Clovis dans les montagnes du Montana, une découverte qui vient contredire l’idée reçue sur l’état de l’environnement nord-américain à cette époque. Les preuves retrouvées montrent que ce peuple a vécu dans les hautes terres proches de Yellowstone il y a 13 000 ans, alors que les spécialistes pensaient cette région entièrement recouverte de glace, rapporte Popular Mechanics.

Les artefacts ont été exhumés à environ 2 743 mètres d’altitude, dans les montagnes Beartooth. Ces sites pourraient être les plus hauts et les plus anciens lieux d’habitation humaine connus en Amérique du Nord. L’archéologue Scott Dersam, dans un entretien accordé à Nick Mott pour Mountain Journal, décrit une situation qui déroute les spécialistes : le sédiment retrouvé sur place « ne devrait pas être là du tout » selon la paléoécologie et la glaciologie actuellement admises pour cet environnement.

Selon lui, tous les experts en glaciologie s’accordent à dire que cela ne devrait tout simplement pas exister compte tenu de l’écosystème que l’on pensait connaître. Les implications dépassent le simple constat local. Il a ajouté qu’ils pourraient avoir ici les plus anciens sites Clovis d’Amérique du Nord, et qu’il se trouve que c’est dans un endroit qui ne devrait pas exister, qualifiant la découverte d’équivalent à un coup de pied en pleine poitrine pour le paradigme actuel.

La collection d’un ancien garde-chasse a tout déclenché

Les Beartooth étaient réputées avoir été entièrement recouvertes par le glacier Pinedale. L’équipe de Dersam y a pourtant retrouvé des pointes Clovis, ces pierres taillées à base rainurée qui signent la présence de cette culture préhistorique sur l’ensemble du territoire américain.

La bascule est venue d’une source inattendue : un ancien garde-chasse avait constitué, entre les années 1950 et 1970, une collection d’artefacts qu’il a finalement donnée aux chercheurs. Dersam raconte que ce n’est qu’après qu’il a donné l’intégralité de sa collection qu’ils ont réalisé qu’il s’agit de la collection lithique de haute altitude la plus importante et la plus dense de toute l’Amérique du Nord.

Un second événement a précipité les choses. En 2022, un épisode de pluie et de neige a provoqué des inondations qui ont reconfiguré les couches de sédiments en altitude, faisant remonter à la surface une grande quantité d’artefacts. L’archéologue résume que les choses ont littéralement explosé. Cette fois, les trouvailles ne se limitent plus à quelques pointes isolées : il précise qu’ils ont des sites complets, tout sauf l’évier de la cuisine.

Le peuple Clovis est apparu il y a environ 13 000 ans et constitue la première culture préhistorique largement répandue sur le continent, descendant selon les experts des premiers arrivants venus s’installer dans le Nouveau Monde il y a environ 15 000 ans. On l’associe surtout à la chasse au mammouth dans les grandes plaines, bien loin, en apparence, des sommets du Montana.

Un précédent existait déjà non loin de là. En 1968, des ouvriers du bâtiment avaient mis au jour par hasard les restes de « l’Enfant Clovis », sur le site connu sous le nom d’Anzick, dans le comté de Park, au nord du parc national de Yellowstone, près de Bozeman.

Ce site reste le plus ancien lieu funéraire Clovis connu en Amérique du Nord : il contenait les ossements d’un jeune enfant, un bois de cervidé et une centaine d’artefacts en pierre, datés entre 12 725 et 12 900 ans par les chercheurs du Center for the Study of the First Americans de Texas A&M, en collaboration avec l’université d’Oxford et Stafford Research, dans le Colorado.

Ce que suggèrent désormais les découvertes des Beartooth va plus loin que ce premier indice. Loin d’être figé sous la glace, le relief montagneux du Montana aurait abrité des mammouths, des bisons et toute une culture humaine installée en altitude. De quoi réécrire, selon Scott Dersam, une partie de ce que l’on croyait savoir d’un territoire que la science jugeait jusqu’ici inhabitable à cette époque.

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