Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) alerte sur une augmentation inédite de l’indice mondial de pauvreté multidimensionnelle, une première depuis sa création en 2010. Aujourd’hui, 1,2 milliard de personnes vivent dans une pauvreté sévère, soit 51,5 millions de plus que l’année précédente. Le rapport 2026, réalisé par le PNUD et l’Initiative d’Oxford sur la pauvreté et le développement humain (OPHI), souligne cette inquiétante évolution dans la lutte contre l’extrême pauvreté.
Alexander de Croo, administrateur du PNUD, affirme que cette augmentation est un avertissement pour le monde. Derrière ces chiffres se cachent des réalités humaines difficiles : faim, déscolarisation, absence d’eau potable ou d’électricité. Les enfants sont particulièrement touchés, représentant 51,5 % des personnes en situation de précarité, soit environ 617 millions de mineurs, ce qui est alarmant pour l’avenir de leurs sociétés.
L’indice de pauvreté multidimensionnelle de l’ONU va au-delà du simple revenu, intégrant des critères comme le logement, l’assainissement, l’électricité, la nourriture et l’éducation. Une personne peut avoir un revenu au-dessus du seuil de pauvreté monétaire tout en étant privée de ces services essentiels.
Facteurs de l’augmentation de la pauvreté
Le PNUD et l’OPHI identifient la croissance démographique comme un facteur clé de l’augmentation de la pauvreté. Cependant, seulement 13 des 108 pays étudiés ont fourni de nouvelles données, limitant l’analyse globale. Les zones rurales, qui abritent 83,3 % des pauvres, sont les plus affectées, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, régions déjà lourdement touchées.
Malgré un bilan global préoccupant, des progrès significatifs ont été réalisés dans 33 pays, dont six en Afrique subsaharienne, qui ont réduit de moitié la pauvreté multidimensionnelle. L’Eswatini, par exemple, a vu cette pauvreté passer de 38,7 % à 8 % en quinze ans. En Asie, la Chine et le Vietnam ont également enregistré des avancées grâce à des politiques publiques efficaces et une croissance économique soutenue.
Appel à une action collective mondiale
Alexander de Croo souligne l’importance de la coopération internationale pour faire face à ce défi mondial. La pauvreté transcende les frontières et ses conséquences, telles que les migrations forcées et les tensions politiques, touchent l’ensemble de la communauté internationale. Dans un monde interconnecté, aucune nation n’est à l’abri des impacts de la pauvreté.
Les pays développés ne sont pas épargnés par la précarité. En France, 7 millions d’adultes déclarent manquer de nourriture, soit 13 % de la population adulte, et ce chiffre atteint 25 % chez les 18-24 ans. Les objectifs de développement durable de l’ONU pour 2030 semblent de plus en plus difficiles à atteindre sans investissements majeurs dans les infrastructures de base, l’éducation et la santé.
Les experts recommandent de renforcer les systèmes de protection sociale, d’investir dans l’éducation et les énergies renouvelables, et de soutenir l’agriculture familiale. La tendance actuelle pourrait s’inverser avec des politiques ambitieuses et coordonnées, mais sans action rapide, le monde pourrait faire face à une aggravation des inégalités et de leurs conséquences géopolitiques et humanitaires.


