Des archéologues remontent du fond de la mer une des sept merveilles du monde

La redécouverte de 22 blocs du Phare d’Alexandrie bouleverse notre vision de l’Antiquité.

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Des archéologues remontent du fond de la mer une des sept merveilles du monde
Des archéologues remontent du fond de la mer une des sept merveilles du monde © RSE Magazine

La redécouverte récente de 22 blocs monumentaux provenant du Phare d’Alexandrie, l’une des Sept Merveilles du Monde Antique, change la donne pour l’archéologie sous-marine en Méditerranée. Visible depuis la surface dès 1968, la structure immergée a fini par livrer des secrets après trois décennies de recherches minutieuses menées dans le port d’Alexandrie. Cette découverte enrichit notre connaissance de l’Égypte ancienne et ouvre la voie à des projets ambitieux de reconstruction virtuelle de ce monument légendaire, considéré comme un trésor de l’humanité.

Le monument montre toute sa complexité

D’après Cronista, les éléments remontés sont variés : linteaux, jambages, seuils et dalles de pavage, ce qui souligne l’ampleur et la sophistication de l’entrée monumentale du phare. Chaque bloc pèse entre 70 000 et 80 000 kg, témoignage de l’ingéniosité des techniques de construction de l’époque, qui mêlaient savoir-faire égyptiens et grecs. Le Phare, bâti au début du IIIe siècle avant J.-C. sur ordre de Ptolémée Ier Sôter et dessiné par l’architecte grec Sostratos de Cnide, s’élevait à plus de 100 mètres au-dessus de l’île de Pharos. Il servait de repère pour les navires dans les eaux traîtresses autour d’Alexandrie et a été la structure la plus haute jamais érigée par l’homme pendant plus de 1 600 ans, jusqu’à ce qu’un séisme en 1303 le rende inutilisable.

Une coopération internationale pour la reconstruction

Le projet PHAROS, qui porte cette expédition, rassemble plusieurs institutions et partenaires internationaux. Il est piloté par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de France, sous la direction de l’archéologue Isabelle Hairy. La collaboration inclut aussi le Ministère du Tourisme et des Antiquités d’Égypte et la Fondation Dassault Systèmes, qui apportent leur savoir-faire en analyse numérique et repositionnement virtuel des blocs. Le travail archéologique systématique, lancé par Jean‑Yves Empereur en 1994, a permis la documentation de plus de 3 300 objets. Ces recherches archéologiques ont été complétées récemment par la numérisation de plus de 100 fragments architecturaux au moyen d’une photogrammétrie très détaillée.

Une équipe pluridisciplinaire (historiens, archéologues, numismates et architectes) s’emploie à la reconstruction virtuelle du phare à partir des données collectées, combinant méthodes matérielles et sources textuelles/figuratives. La Fondation Dassault Systèmes se concentre sur l’analyse des scans pour produire un modèle numérique cohérent et précis de ce monument millénaire.

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