Pourquoi votre eau en bouteille n’est peut-être plus sûre : des polluants éternels détectés dans trois sources que vous achetez chaque semaine

Des traces de PFAS, ces polluants « éternels », ont été détectées dans trois sources d’eau en bouteille.

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Pourquoi votre eau en bouteille n'est peut-être plus sûre : des polluants éternels détectés dans trois sources que vous achetez chaque semaine
Pourquoi votre eau en bouteille n’est peut-être plus sûre : des polluants éternels détectés dans trois sources que vous achetez chaque semaine © RSE Magazine

La découverte récente de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), souvent surnommées les polluants éternels, dans trois sources d’eau en bouteille a déclenché une prise de conscience en France. Ces composés chimiques, connus pour leur grande persistance et leur tendance à s’accumuler dans l’environnement, ont été repérés lors d’inspections menées par la préfecture d’Auvergne‑Rhône‑Alpes dans le cadre de la lutte contre la contamination alimentaire. Même si la situation ne présente pas de risque immédiat pour la santé humaine, elle soulève des questions sur la qualité de notre ressource la plus précieuse.

Les PFAS, c’est quoi ?

Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) forment une vaste famille de composés parmi les plus résistants dans l’environnement, posant un vrai défi pour leur gestion et leur exposition significative. On les appelle parfois « polluants éternels » parce qu’ils se retrouvent un peu partout : ustensiles de cuisine, textiles, emballages alimentaires, produits cosmétiques. Leur caractéristique principale, c’est leur persistance : ils contaminent les sols, les nappes phréatiques et finissent par toucher les eaux de surface et souterraines. Cette omniprésence pose un vrai défi pour leur gestion et leur prévention.

Ce qui a été détecté en Auvergne‑Rhône‑Alpes

En 2025, la préfecture d’Auvergne‑Rhône‑Alpes a examiné 35 sources d’eau dans le cadre d’un contrôle proactif de la qualité de l’eau. Parmi elles, trois ont révélé des traces notables de PFAS, alerte franceinfo. Les sources concernées se trouvent en Ardèche et dans la Loire : la source d’eau minérale Parot à Saint‑Romain‑le‑Puy, et deux forages à Vals‑les‑Bains qui alimentent l’eau commercialisée sous le nom « Perle ». Ces forages sont exploités par la société Sources Alma, un acteur majeur de l’embouteillage en France. Ces découvertes ont entraîné des mesures immédiates.

Les mesures prises et ce que ça change

Les services de l’État ont mis en place une surveillance renforcée des sites concernés, et les exploitants ont décidé de suspendre l’exploitation de ces sources. En conséquence, la marque d’eau minérale naturelle Parot « n’est effectivement plus commercialisée », selon les déclarations de l’entreprise. Les « nanotraces de PFAS » détectées sont jugées « sans risque pour la santé humaine », mais elles dépassent la norme spécifique aux eaux minérales naturelles fixée à 30 ng/L, tout en restant inférieures au seuil de 100 ng/L applicable à l’interdiction eau du robinet.

Un dossier judiciaire et des questions pour l’environnement

L’association Foodwatch a déposé des plaintes pour « tromperie » contre plusieurs entreprises, ce qui a abouti à l’ouverture d’une information judiciaire en février 2025 à Paris, visant notamment Sources Alma et Nestlé. L’affaire s’inscrit dans une attention renforcée sur la « vallée de la chimie », où des entreprises comme Daikin et Arkema sont pointées comme les « principaux émetteurs » d’une région fortement industrialisée. Cela dit, des efforts sont en cours pour réduire les rejets de PFAS, avec des diminutions notables enregistrées depuis 2022.

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