Une découverte récente en Amérique du Nord montre la présence de « polluants éternels » jusque-là inconnus : les paraffines chlorées à chaîne moyenne (MCCP). Ces composés chimiques ont été mis en lumière en 2025 dans une zone agricole de l’Oklahoma, et suscitent des inquiétudes pour la santé publique et l’environnement. Cette détection, faite par hasard lors d’une étude sur les aérosols et rapportée par le média Popular Mechanics, montre que ces substances circulent désormais dans l’air nord-américain.
MCCP : une nouvelle famille de polluants
Les paraffines chlorées à chaîne moyenne font partie des polluants éternels, au même titre que les tristement célèbres PFAS, reconnues pour leur persistance. On utilise les MCCP comme lubrifiants, assouplissants et isolants, et elles se retrouvent dans des usages industriels variés, par exemple les fluides d’usinage et certains textiles. Leur emploi a augmenté après l’interdiction des paraffines chlorées à chaîne courte (SCCP), elles aussi classées comme nocives.
Émissions et cycle des MCCP dans l’environnement
Ces substances finissent souvent dans les eaux usées, et les boues d’épuration traitées, transformées en biosolides pour l’agriculture, deviennent des vecteurs d’émission. Lorsqu’elles sont épandues comme engrais, ces boues peuvent libérer des MCCP dans l’air, comme le résume Daniel Katz, auteur principal de l’étude à l’université du Colorado à Boulder : « Quand ces boues sont épandues sur les champs, les MCCP pourraient être libérées dans l’air. » Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue ACS Environmental Au et relayés par des médias spécialisés, ce qui renforce l’attention portée à cette découverte.
Conséquences sur la santé et régulations en place
La toxicité des MCCP soulève des risques pour la santé, avec des effets potentiels sur le foie, les reins, ainsi que des troubles neurologiques et thyroïdiens. Leur persistance dans l’environnement renforce ces préoccupations. Des régulations internationales cherchent à limiter leur usage : les MCCP ont été inscrites sur la liste noire de la Convention de Stockholm dès 2025. Mais tous les pays ne suivent pas ces directives, les États-Unis, par exemple, n’ont pas ratifié la convention, ce qui a valu des critiques sur leur façon d’aborder les polluants.
Initiatives locales et avis des scientifiques
Sur le terrain, des mesures locales apparaissent. Le Sénat de l’Oklahoma a interdit l’usage des biosolides comme engrais, et une association environnementale travaille à étendre cette interdiction à l’ensemble du pays. Pourtant, comme le souligne Ellie Browne, co-autrice de l’étude, les régulations conduisent parfois à des substitutions qui ne règlent pas le problème de fond : « Ce sont les effets indésirables de la régulation », dit-elle, illustrant un cycle où un polluant est remplacé par un autre.








