Le lac Issyk-Kul, au Kirghizistan, connu pour être l’un des lacs de montagne les plus profonds du monde, cache désormais un mystère. À l’automne 2025, des vestiges d’une ville médiévale perdue ont refait surface sous ses eaux : un cimetière musulman, des bâtiments publics et des rues, rapporte Earth. Cette découverte, menée par une équipe internationale sous la direction de l’archéologue sous-marin Maxim Menshikov (Institut d’Archéologie de l’Académie Russe des Sciences), remet en lumière une région dominée par la chaîne du Tien Shan.
Où se situe le lac et quel est son passé
Le lac Issyk-Kul, dans le nord-ouest du Kirghizistan, se trouve entre les vallées du Talas et du Chui. C’est un lac endoréique (sans débouché vers la mer), ce qui fait que le niveau de l’eau bouge et que des vestiges peuvent se retrouver submergés sous quelques mètres d’eau. Les quatre zones sondées pendant la campagne variaient entre 0,91 à 3,96 mètres sous la surface. Les chercheurs attribuent la présence soudaine de ces vestiges à un séisme majeur au début du XVe siècle, une tragédie comparée, par certains, à celle de Pompéi.
Comment la découverte a été faite
Lors de la campagne 2025, l’équipe a utilisé des outils modernes : drones sous-marins et plongées pour documenter la découverte archéologique des ruines immergées, repérant des murs en briques d’adobe et des poutres en bois. Ils ont aussi réalisé des forages sous-marins et prélevé des carottes pour des analyses dendrochronologiques et AMS, deux méthodes de datation importantes. Les premiers résultats indiquent que le site était probablement une ville importante ou un centre commercial le long de la Route de la Soie.
Ce qu’on a trouvé, zone par zone
- Dans la zone 1, les explorateurs ont mis au jour des murs en briques cuites, un moulin brisé, une « maison de moulin » et des éléments décoratifs en brique.
- La zone 2 a révélé une nécropole planifiée, d’environ 305 par 198 mètres, contenant des restes cohérents avec des pratiques musulmanes des XIIIe et XIVe siècles.
- Des signes d’influences islamiques du même siècle montrent l’islamisation progressive de la région.
- La détection de maisons supplémentaires et d’un ancien cimetière sous le limon illustre la complexité des traditions culturelles locales, comme l’a souligné Menshikov en se fondant sur des textes syncrétiques locaux.
Préservation, menaces et suite des opérations
L’Institut d’Archéologie de l’Académie Russe des Sciences travaille avec le programme « Silk Roads » de l’UNESCO et l’Académie des Sciences de Russie pour préservation du patrimoine. Les vagues continuent d’éroder ces vestiges, ce qui met ces témoins du passé en danger. D’où l’importance d’une documentation très précise avant que d’autres dommages n’interviennent. Des technologies modernes comme l’application EarthSnap permettent au grand public de suivre ces découvertes visuelles et de s’abonner à des newsletters pour rester informé.






