Le 15 avril 2026, une étude est parue dans la revue Science Advances. Menée par Kathryn Gunn (Université de Southampton) et Lisa Beal (Université de Miami), elle apporte des informations importantes sur l’effet des remous océaniques dans les courants de bordure occidentale subtropicaux.
La santé de la planète dépend en grande partie des courants marins, comme le puissant Courant d’Agulhas le long de la côte sud‑est de l’Afrique. Cette recherche montre que l’intensification des remous pourrait modifier nettement les conditions côtières en redistribuant chaleur, salinité et nutriments. Le réchauffement rapide des eaux de surface, associé à une stratification plus marquée, peut renforcer les extrêmes thermiques dans les écosystèmes côtiers. Ces changements posent des questions pour des climats habituellement tempérés, comme celui de l’Europe.
Zoom sur le courant d’Agulhas
L’étude se concentre sur le Courant d’Agulhas, connu pour sa vitesse et sa faible largeur le long de la côte sud‑est africaine. En collaboration avec des chercheurs sud‑africains et des institutions comme le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et l’université de Bordeaux, l’équipe internationale a analysé des décennies de données satellite.
Ces observations ont été complétées par des instruments in situ qui ont enregistré des mesures horaires pendant deux ans, couvrant toute la profondeur et la largeur du courant, en plus des satellites. Les chercheurs notent que des courants semblables, comme le Gulf Stream, pourraient connaître des phénomènes comparables.
Les résultats montrent que l’activité des remous peut accélérer le réchauffement de surface jusqu’à quatre fois plus rapide que la moyenne océanique mondiale, tout en intensifiant un phénomène de « remontée masquée ».
Conséquences pour les côtes et la vie marine
L’augmentation des remous entraîne une stratification des mers sur les plates‑formes continentales. Ce processus rend les zones côtières plus vulnérables aux températures extrêmes et met une forte pression sur les écosystèmes locaux, augmentant le risque d’érosion côtière. Les interactions, qu’il s’agisse de redistribution de chaleur ou d’advection de nutriments, influent fortement sur la vie marine des territoires concernés.
Comme le souligne Lisa Beal, « cette dynamique peut temporairement briser la barrière entre l’océan ouvert et les eaux côtières peu profondes ». Cela provoque des intrusions côtières qui modifient le climat local, illustré par la comparaison entre Brest (France) et Terre‑Neuve (Canada) : l’Europe bénéficie de climats modérés grâce à ces courants.
Un sujet à suivre à l’échelle mondiale
Même si l’étude porte surtout sur le Courant d’Agulhas, les mêmes mécanismes peuvent s’appliquer à d’autres courants de bordure occidentale majeurs. Ces découvertes soulignent la nécessité de surveiller de près l’intensification des remous océaniques. La Fondation Nationale des Sciences des États‑Unis a financé ce travail, sans pour autant dévoiler le montant exact du financement.





