Le gouvernement a décidé de ne pas imposer aux collectivités la consigne obligatoire pour le recyclage des bouteilles en plastique. À la place, il propose une consigne volontaire et territorialisée. L’annonce a été faite par communiqué le vendredi 4 septembre 2026, rapporte l’Agence France-Presse.
Le texte précise qu’aucun dispositif de consigne obligatoire ne sera mis en place, dans le respect des compétences décentralisées. Le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, cité dans le communiqué, explique que « le gouvernement fait le choix d’une approche territorialisée », en ne souhaitant pas « pénaliser les collectivités qui ont déjà obtenu de très bons résultats ».
Le projet avait été relancé en mai 2026 par Emmanuel Macron, qui en avait fait l’un des douze leviers de son plan plastique pour réduire l’usage du plastique en France. Le dispositif prévoyait d’inciter les consommateurs à déposer leurs bouteilles et canettes usagées dans des machines installées en supermarché, moyennant quelques centimes reversés.
L’enjeu affiché : améliorer un taux de recyclage plastique qui plafonne à 26 % en France, très loin de l’objectif de 55 % fixé par l’Union européenne pour 2030. Ce retard coûte chaque année 1,6 milliard d’euros de pénalités versées à Bruxelles.
Des élus vent debout depuis juin
Le projet avait suscité une opposition d’élus locaux de tous bords. Fin juin 2026, plusieurs d’entre eux avaient quitté une réunion organisée par le ministère de la Transition écologique, dénonçant une absurdité et un greenwashing. Des représentants de syndicats franciliens de gestion des déchets avaient même menacé de suspendre le paiement de la taxe générale sur les activités polluantes si le gouvernement persistait.
Les élus reprochaient au dispositif de complexifier le geste de tri, alors que tous les emballages plastiques sont censés finir dans le bac jaune. Ils redoutaient surtout que les industriels ne récupèrent le seul gisement de déchets rentables, ce qui aurait pu faire grimper la taxe sur les ordures ménagères.
Corentin Duprey, président du Syctom, avait cité l’exemple allemand quelques heures avant l’annonce gouvernementale, expliquant que lorsqu’il s’intéressait à l’exemple allemand, les champions de la consigne, on voyait bien que ça avait accompagné l’augmentation de la production plastique. Il avait aussi mis en garde contre le risque politique de la mesure, à quelques semaines d’élections sénatoriales et « à quelques mois d’une élection présidentielle ».
Après l’annonce, Nicolas Garnier, délégué général du réseau de collectivités Amorce, a salué auprès de l’AFP « la victoire du bon sens, du pouvoir d’achat, du service public et de l’environnement ». L’Association des maires de France, Intercommunalités de France, France Urbaine et le Cercle national du recyclage ont fait part de leur soulagement, qualifiant le projet abandonné d’ineptie écologique et financière. Amorce envisageait d’organiser une manifestation à Paris le mardi suivant ; ce projet a été suspendu.
Du côté des partisans du dispositif, l’accueil est nettement plus froid. Jean Hornain, directeur général de l’éco-organisme Citeo, s’était dit « inquiet » du nouveau cahier des charges quelques heures avant l’annonce, regrettant que le projet « abandonne » l’un des leviers majeurs de soutien au recyclage voulu par le président de la République.
Les producteurs de boissons sans alcool et d’eaux minérales ont dénoncé « un recul incompréhensible du gouvernement », rappelant que la France s’acquitte chaque année d’une contribution de 1,5 milliard d’euros au budget de l’Union européenne en raison de ses mauvaises performances en matière de recyclage.
Le ministère de la Transition écologique assure que l’augmentation du recyclage des plastiques reste une priorité et que la concertation engagée depuis trois mois va se poursuivre sur la base des douze leviers du plan initial, dont la consigne volontaire et territorialisée. Le cahier des charges de la filière pollueur-payeur des emballages ménagers fait par ailleurs l’objet d’une consultation publique jusqu’au 11 septembre 2026.





