Le gouvernement français relance son projet de consigne des bouteilles en plastique. Annoncé fin mai 2026 par le président Emmanuel Macron, il vise à améliorer le recyclage et à réduire la pollution plastique. La réunion de concertation organisée le mardi 30 juin 2026 par le ministère de la Transition écologique a révélé de fortes divergences entre industriels et élus locaux.
Les industriels mobilisés pour co-construire
Les principaux industriels soutiennent le projet, en partie grâce à la réglementation européenne qui encourage ce type d’initiative. Le Syndicat des boissons sans alcool (SBSA), qui réunit des entreprises comme Coca‑Cola, Orangina, PepsiCo, Red Bull, Tropicana, Lorina et Nestlé Waters, se dit « très impliqué et en soutien » au projet, rapporte BFMTV. Sa directrice générale, Inès Boulant, insiste sur l’engagement des industriels dans une « démarche de coconstruction ».
Elle juge nécessaires « deux ans de préparation » pour mettre en place le système de consigne, un calendrier qui rejoint celui du décret gouvernemental attendu en mars 2027.
Le coût estimé pour les industriels s’élève à « à peu près 1 milliard d’euros », un investissement lourd pour se conformer aux nouvelles normes.
Élus et associations : oppositions et critiques
Face à ce soutien industriel, des associations d’élus locaux et plusieurs groupes environnementaux s’opposent au projet. Les syndicats franciliens de gestion des déchets ainsi que des associations comme France Nature Environnement (FNE) et Zero Waste France dénoncent un « greenwashing » : ils reprochent au dispositif de se limiter au recyclage, sans réemploi des bouteilles. Certains craignent qu’il permette aux industriels de « produire encore plus de plastique ».
Le vice-président de l’Association des maires de France (AMF), Jean‑François Vigier, parle d’une « absurdité » et redoute un transfert de 400 millions d’euros de recettes des collectivités vers les grands industriels. Pendant la réunion au ministère, plusieurs élus ont quitté la table de concertation. Ils ont menacé de suspendre le paiement de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) si le gouvernement s’en tient à son cap.
Règles et obligations européennes
La réglementation pèse lourd dans le dossier. D’après le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, le taux de collecte et de recyclage des bouteilles en plastique, de 58,4 % en 2024, doit atteindre 90 % d’ici 2029 pour respecter les objectifs européens. Faute d’y parvenir, la consigne deviendra obligatoire en 2029.




