La Grèce paie les pêcheurs 5,33 € par kilo pour chaque poisson toxique capturé : la chasse est lancée

La Grèce met en place une prime de 5,33 € par kilo pour combattre le poisson-ballon, un prédateur toxique menaçant l’écosystème méditerranéen.

Publié le
Lecture : 2 min
La Grèce paie les pêcheurs 5,33 € par kilo pour chaque poisson toxique capturé : la chasse est lancée
La Grèce paie les pêcheurs 5,33 € par kilo pour chaque poisson toxique capturé : la chasse est lancée © RSE Magazine

Le gouvernement grec a annoncé une mesure pour lutter contre l’invasion du poisson-ballon, un prédateur marin toxique qui menace les écosystèmes méditerranéens. Il s’agit d’une prime de capture, destinée à protéger l’économie de la pêche et la santé publique. L’espèce y fait désormais l’objet d’un programme doté d’un barème précis.

Combien ça rapporte et où ça s’applique

La Grèce a fixé une prime de 5,33 € par kilogramme de poisson-ballon capturé, confirme Le Télégramme. Le programme s’appuie sur des fonds européens à hauteur de 1,5 million d’euros pour limiter les captures accidentelles. Chypre, de son côté, propose 4,73 €/kg pour la même capture. Les régions grecques visées, notamment l’île de Crète et l’, pourront déposer leur candidature dès lundi.

Le volet financier comprend aussi un soutien logistique aux régions participantes. Elles devront organiser la réfrigération des poissons après capture, puis leur incinération dans des installations spécialisées. Le dispositif répond directement aux dégâts que les dents du poisson-ballon causent aux filets des pêcheurs, et il cherche à limiter les pertes économiques du secteur.

Écologie et santé

Le poisson-ballon, Lagocephalus sceleratus, contient de la tétrodotoxine, une toxine très dangereuse en cas d’ingestion. Il représente donc une menace sérieuse pour la santé humaine, et la Croix-Rouge grecque a lancé un avertissement à destination du public. Ces poissons viennent de la mer Rouge, de l’océan Indien et de l’océan Pacifique ; ils ont colonisé la Méditerranée via le canal de Suez.

Au-delà du risque sanitaire, le poisson-ballon perturbe l’équilibre des écosystèmes marins par son caractère invasif. Le plan d’action national préparé par le Centre hellénique de recherche marine (ELKETHE), prévu pour 2024, mise sur une surveillance efficace et sur cette prime pour encourager l’élimination du prédateur.

Qui coordonne et que recommandent-ils

La coordination interministérielle réunit surtout le ministère de l’Agriculture et le ministère de l’Environnement et de l’Énergie, qui appliqueront ensemble les recommandations du Centre hellénique de recherche marine. Une réunion entre les ministres concernés est programmée pour le 1er juillet.

Le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Spýros Protopsáltis, a souligné que « plus les régions réagiront rapidement, plus vite la prime à la capture pourra être mise en œuvre ».

De leur côté, 16 associations médicales et touristiques de Crète ont voulu rassurer : malgré la présence connue des poissons-ballons en Méditerranée, ils « ne constituent aucun danger pour la sécurité des baigneurs ».

Laisser un commentaire