La désinformation sur le climat est devenue un vrai problème, altérant la manière dont le public perçoit la situation et influençant les actions contre le changement climatique. En 2025, une étude de l’ONG Quotaclimat a mis en lumière l’ampleur de ce phénomène en France et au Brésil, avec des résultats qui tirent la sonnette d’alarme sur le scepticisme climatique. Qu’il s’agisse d’erreurs dans le journalisme ou de campagnes coordonnées, ces fausses informations embrouillent l’opinion publique et freinent les efforts pour limiter le réchauffement.
Analyse approfondie de la désinformation
L’ONG Quotaclimat a adopté une méthode originale en associant intelligence artificielle et vérification manuelle par des experts de Science Feedback pour examiner ce qui se passe à la télé et sur les ondes. Grâce à cette démarche, ils ont pu recenser 530 cas d’inexactitudes sur le climat entre janvier et août 2025 – soit plus de deux incidents par jour. Parmi ces erreurs, 19 campagnes de désinformation ont été clairement identifiées.
Les énergies renouvelables, particulièrement l’éolien et le solaire, sont les cibles privilégiées de la désinformation, en diffusant des infos erronées comme celle d’une envolée des prix de l’électricité à cause des énergies renouvelables. Des organismes comme la Commission de régulation de l’énergie et RTE ont d’ailleurs réfuté ces dires.
Répercussions médiatiques et politiques
L’étude montre également que certaines chaînes de télévision et de radio propagent davantage ces fausses informations. Par exemple, Sud Radio affiche un incident toutes les 40 minutes sur le climat, alors que CNews en signale un par heure. D’autres médias tels que M6, Europe 1, ainsi que RFI et France Inter – qui sont moins pointés du doigt – consacrent respectivement 6,5 % et 4 % de leur temps d’antenne à ces sujets.
Cette situation a aussi des répercussions politiques, avec des attentes gouvernementales croissantes pour contrer les effets du changement climatique. On a vu, lors de la canicule de l’été 2025, que les fausses informations pouvaient se multiplier en période d’événements extrêmes. Par exemple, des propos tenus par le Rassemblement National concernant la climatisation dans les écoles et les Ehpad ont encore alimenté ces dérives.
La donne au Brésil
Au Brésil, même si le sujet du climat reçoit moins de relais médiatiques qu’en France, la donne reste influencée par d’importants intérêts économiques, notamment ceux des familles de l’agro-business. Selon Eva Morel, membre éminente de Quotaclimat, « il y a deux fois moins de sujets qu’en France », ce qui fait que les conflits locaux autour du climat passent souvent inaperçus.
Des conséquences inquiétantes et la nécessité d’agir
La diffusion de fausses informations sur le climat ne ralentit pas seulement la mise en place d’actions contre le réchauffement, elle brouille aussi les débats publics indispensables à une démocratie saine, nécessitant une action urgente. Ce phénomène est même parfois instrumentalisé pour fragiliser les démocraties occidentales par des ingérences étrangères.
Face à cette situation préoccupante, Quotaclimat appelle à une mobilisation collective lors des prochaines conférences internationales sur le climat, comme la COP, afin que les États prennent la question très au sérieux et préservent l’intégrité du débat public.








