Quatre espèces inédites de pseudoscorpions viennent d’être identifiées dans des grottes de l’est de la Corée du Sud, nichées dans les chaînes de montagnes de Taebaek et de Sobaek. L’étude qui décrit ces arachnides cavernicoles a été publiée le 9 juillet 2026 dans la revue scientifique PLOS One.
Le pseudoscorpion reste un arachnide peu connu, souvent confondu avec le scorpion classique. Contrairement à ce dernier, il ne possède pas de queue pointue et venimeuse. Il est inoffensif : incapable de mordre ou de piquer, il mesure entre 2 et 8 mm et chasse petits insectes, arthropodes et larves à l’aide de pinces frontales en forme de crabe. On le trouve dans les crevasses minuscules, sous l’écorce des arbres ou, comme ici, au fond des grottes.
Les quatre nouveaux spécimens, eux, ne dépassent pas 3 mm. Ils ont été baptisés Spelaeochthonius dugigulensis, S. geumgulensis, S. magwihalmigulensis et S. yamigulensis. Toutes ces espèces sont aveugles et arborent une teinte pâle, de l’orange clair au brun. Leur surnom de pseudoscorpions dragons vient de leurs mâchoires massives, qui rappellent celles de la créature mythologique et qui ont permis de les rattacher à la famille des Pseudotyrannochthoniidae. Des analyses génétiques ont par ailleurs relié ces populations coréennes à celles observées au Japon.

Un seul spécialiste avant ces travaux
L’étude a été menée par trois chercheurs sud-coréens accompagnés d’un chercheur sud-africain. Parmi les co-auteurs figure Kyung-Hoon Jeong, arachnologue à l’Université nationale de Jeonbuk. Dans un entretien accordé à Popular Science, il a résumé l’ampleur des différences observées entre les quatre espèces : « chaque espèce présente dans la grotte présente de grandes différences, tant morphologiques que génétiques ».
Avant cette découverte, seulement cinq espèces de pseudoscorpions avaient été recensées dans les grottes sud-coréennes, contre plusieurs centaines en Chine. Jeong explique cet écart par l’absence de spécialiste dans le pays : « En Corée, il n’y avait pas de spécialiste des pseudoscorpions auparavant […] Beaucoup pensaient donc qu’il n’existait qu’une seule espèce (Spelaeochthonius dentifier) ».
La Corée du Sud compte pourtant plus de 1 000 grottes, pour la plupart encore inexplorées. De quoi laisser penser que d’autres espèces attendent encore d’être décrites dans ces cavités karstiques des monts Taebaek et Sobaek, que les auteurs de l’étude jugent eux-mêmes peu explorées.
L’adaptation à la vie souterraine, appelée troglomorphisme, se traduit généralement par une perte de pigmentation et une vision limitée, voire, comme chez ces quatre nouvelles espèces, une cécité totale. Les chercheurs y voient un signe de la biodiversité de ces systèmes karstiques.
Reste que l’aire de répartition de ces pseudoscorpions demeure réduite, confinée à quelques grottes précises. Un paramètre qui, selon les auteurs de l’étude, appelle des stratégies de conservation adaptées pour préserver ces milieux uniques.






