Ce 26 juillet en Gironde, le feu a encore gagné du terrain : 42 000 hectares partis en fumée alors que la préfète interdit tout retour des évacués

Un drone de guerre veille désormais sur la Gironde en flammes. 42 000 hectares brûlés, 220 000 personnes évacuées : comment cet œil high-tech aide les pompiers à garder une longueur d’avance sur le feu ?

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Ce 26 juillet en Gironde, le feu a encore gagné du terrain : 42 000 hectares partis en fumée alors que la préfète interdit tout retour des évacués
Ce 26 juillet en Gironde, le feu a encore gagné du terrain : 42 000 hectares partis en fumée alors que la préfète interdit tout retour des évacués © RSE Magazine

Un drone militaire MQ-9 Reaper, habituellement affecté à des missions de renseignement pour l’armée française, a été engagé par les pompiers dans la lutte contre les incendies qui ravagent la Gironde et les Landes. L’appareil ne largue aucune eau : sa fonction se limite à l’observation et à la surveillance du feu.

Le Reaper survole les panaches de fumée depuis plusieurs jours. Sa mission consiste à observer l’incendie, suivre son évolution en temps réel et transmettre au poste de commandement les images nécessaires pour anticiper les mouvements des pompiers. Volant à des centaines de mètres d’altitude, il offre une vue d’ensemble impossible à obtenir pour les équipes au sol, là où la fumée réduit parfois la visibilité à quelques mètres et où les flammes progressent rapidement.

Télépiloté depuis le sol, l’appareil possède une envergure de près de 20 mètres. Il embarque des caméras haute définition et des capteurs capables de filmer de jour comme de nuit, dont des caméras thermiques. Son atout principal reste son autonomie : il peut rester en vol pendant de très longues heures, bien au-delà des capacités d’un hélicoptère, assurant une surveillance quasi permanente du sinistre.

Des images pour décider où envoyer les moyens

Les images transmises permettent aux responsables des opérations de suivre la progression des flammes presque minute par minute, explique le journal Sud Ouest. Elles servent à repérer les secteurs où le feu accélère sous l’effet du vent, à identifier les zones les plus menacées et à décider où envoyer en priorité les moyens terrestres et aériens.

Dans un massif forestier aussi vaste que celui des Landes et de la Gironde, un changement de direction du vent peut faire basculer une intervention en quelques instants.

Ce n’est pas la première fois que l’appareil est mobilisé sur un feu de cette ampleur : en 2022, lors des méga-feux qui avaient déjà ravagé la Gironde, un MQ-9 Reaper avait été intégré au dispositif exceptionnel déployé par l’État.

Le déploiement du drone intervient alors que la situation reste critique sur le terrain. Selon le point de la préfecture de Gironde établi à 22 heures ce dimanche 26 juillet, 42 000 hectares ont brûlé depuis le départ du feu, mercredi 22 juillet, à Saumos.

Près de 220 000 personnes ont été évacuées à titre préventif depuis le début de l’incendie, dans 23 communes, dont 55 000 dans la nuit de samedi à dimanche vers douze centres d’accueil répartis dans neuf communes. La préfète Sophie Brocas a ordonné ces nouvelles évacuations samedi soir à Marcheprime, Le Barp, Biganos, Mios et Cestas, et a fait fermer partiellement l’autoroute A63 entre plusieurs échangeurs.

Le bilan humain fait état de 84 sapeurs-pompiers blessés depuis le début de l’événement, dont neuf depuis la mi-journée du 26 juillet. Aucune victime n’est à déplorer parmi la population à ce stade. Le dispositif engagé mobilise 2 500 sapeurs-pompiers, 18 moyens aériens et 1 500 militaires en appui, aux côtés de 1 200 policiers et gendarmes.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié d’exceptionnel le niveau atteint en 2026, avec 115 000 hectares parcourus par les incendies depuis le début de l’année en France et plus de 13 000 départs de feu recensés. Emmanuel Macron doit présider lundi 27 juillet à 10 heures une cellule interministérielle de crise au ministère de l’Intérieur, avant un Conseil des ministres à 11 heures. Ce dimanche, un A400M de l’armée de l’air devait reprendre ses rotations au-dessus du sinistre.

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