Près de 25 000 hectares sont déjà partis en fumée en France depuis le début de l’été, sur fond de canicule et de sécheresse. Face à une flotte de Canadair vieillissante, une start-up française planche sur un successeur capable, selon elle, de doubler la capacité d’intervention des pompiers aériens.
L’appareil s’appelle le Frégate-F100. Il est conçu par Hynaero, une entreprise basée à Istres, dans les Bouches-du-Rhône. L’ambition affichée est claire : proposer un bombardier d’eau « nouvelle génération », entièrement made in France, pour remplacer à terme les Canadair CL-415, fabriqués au Canada jusqu’en 2015 et de moins en moins fiables au fil des immobilisations techniques.
Sur le papier, la France aligne 12 Canadair. Dans les faits, tous ne sont pas disponibles en même temps, la maintenance grignotant régulièrement leur disponibilité opérationnelle. Cette usure progressive de la flotte laisse une place à de nouveaux projets, dont le Frégate-F100 fait partie.
Deux fois plus d’eau, plus vite
L’argument commercial d’Hynaero tient en un chiffre : 10 tonnes d’eau écopées en une seule fois, soit presque le double d’un Canadair. David Pincet, co-fondateur de l’entreprise, revendique cette rupture dans un entretien accordé à CNEWS : « Nous souhaitons être suffisamment disruptifs et apporter une capacité opérationnelle double par rapport au Canadair. C’est-à-dire que sur une mission d’une durée de 3 à 4 heures le Fregate marguera deux fois plus d’eau. »
La vitesse suit la même logique. Le Canadair plafonne à 300 km/h. Hynaero vise plus de 400 km/h pour son appareil. « Par rapport au Canadair qui vole à 300 km/h nous visons à dépasser les 400 km/h », précise David Pincet.
L’appareil devrait aussi offrir une distance de convoyage de 2 500 kilomètres et une autonomie de plus de quatre heures sur zone de feu.
Le Frégate mise également sur des commandes de vol électriques, censées apporter, selon le site internet d’Hynaero, un pilotage plus précis et davantage de sécurité en intervention. Viseur tête haute, viseur de casque : l’appareil doit embarquer des équipements jusqu’ici réservés à d’autres catégories d’aéronefs. Sur la coordination des missions, David Pincet promet ce qui se fait aujourd’hui de mieux.
Autre pari technique : la maintenance prédictive, via une technologie dite de digital twin, censée fournir des données en temps réel et réduire les immobilisations intempestives qui plombent aujourd’hui la disponibilité des Canadair.
Hynaero affine encore son cahier des charges. L’entreprise dialogue actuellement avec des équipages de plusieurs pays et avec la Fédération des sapeurs-pompiers de France pour ajuster le besoin opérationnel réel des équipes de terrain.
Le calendrier reste toutefois éloigné des feux de cet été. Le premier vol du Frégate-F100 est prévu en 2030, la mise en service opérationnelle espérée pour fin 2032, en France ou ailleurs dans le monde.


