À 62 ans, elle a bâti une cabane en bois dans un coin de paradis à Córdoba, prouvant qu’il n’est jamais trop tard et inspirant d’autres femmes

À 52 ans, elle vend son appartement en 15 jours et construit une tiny house de 21m² dans les sierras argentines. Panneaux solaires, vue imprenable, nouvelle vie : son histoire, et celle de ces retraités qui réinventent leur quotidien, mérite qu’on s’y attarde.

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À 62 ans, elle a bâti une cabane en bois dans un coin de paradis à Córdoba, prouvant qu'il n'est jamais trop tard et inspirant d'autres femmes
À 62 ans, elle a bâti une cabane en bois dans un coin de paradis à Córdoba, prouvant qu’il n’est jamais trop tard et inspirant d’autres femmes © RSE Magazine

Vivi a quitté Buenos Aires pour s’installer définitivement dans l’écovillage Umepay, niché dans les sierras de Córdoba. Sa mise à la retraite a été le déclencheur d’un projet mûri depuis des années. Son histoire a été racontée dans une chronique diffusée par la chaîne de voyages et de style de vie Sueños de Ruta.

Elle confie qu’elle savait qu’elle devait avoir un projet pour après. Avant de troquer l’asphalte pour le monte, Vivi a travaillé comme technicienne en hémothérapie à l’hôpital Pirovano, à Buenos Aires, tout en donnant des cours liés à sa profession et en occupant un poste à la Croix-Rouge. Elle a élevé seule ses trois enfants. Cette même profession lui permet de pratiquer la cosmétologie et la thérapie régénérative dans son nouveau cadre de vie.

Deux ans de caravane avant l’installation définitive

Le déménagement ne s’est pas fait du jour au lendemain. Pendant deux ans, Vivi a vécu par intermittence dans une caravane avec sa fille, faisant des allers-retours avec Buenos Aires pour observer comment se passait la vie sur place, raconte Radio Mitre. À son arrivée, il n’y avait rien : un terrain dans le monte, sans routes.

Elle a fini par acheter son terrain avec l’argent mis de côté à cet effet, puis a contracté un emprunt pour une maison préfabriquée en bois, un choix motivé par un coût et un délai de construction plus avantageux. Elle l’a personnalisée avec un toit de paille posé par-dessus les tôles.

Elle raconte qu’il a fallu ensuite faire les sols et le reste des détails : cloisons intérieures et murs ont finalement été réalisés en plâtre. La maison compte désormais des chambres pour ses enfants de passage et un coin dédié au Bouddha. Cela fait 10 mois qu’elle y vit de façon définitive.

Des enfants inquiets, rassurés depuis

Ses trois enfants craignaient de la savoir seule dans le monte. Ces peurs se sont dissipées en la voyant s’épanouir. Ses amies aussi peinaient à comprendre ce choix ; elles admettent qu’elle y est heureuse.

Vivi se dit seule mais accompagnée : les voisins s’entraident pour la yerba mate ou l’essence, se réunissent autour d’un maté pour contempler le coucher de soleil. Elle dit, à propos de ses visites à Buenos Aires, que la vie à la campagne l’a captivée, que se réveiller et voir les sierras, le monte […], mais qu’au bout de dix jours, elle a déjà envie de revenir, que c’est son endroit préféré.

Elle voit son installation comme un projet familial : elle est seule pour l’instant, mais ils peuvent venir quand ils veulent.

Umepay, 200 habitants sur près de 400 hectares

Fondé en 2011 par un petit groupe d’amis, l’écovillage n’a cessé de grandir. Il compte environ 200 habitants répartis sur près de 400 hectares, organisés en quartiers disséminés face aux paysages des sierras de Córdoba, non loin de Villa Yacanto de Calamuchita. La rivière Grande, aux eaux cristallines, traverse le site entre ruisseaux et forêts de montagne.

La communauté s’est fixé des règles précises : respecter la forêt native, ne pas planter d’espèces exotiques, tondre l’herbe uniquement aux abords des maisons pour des raisons de sécurité. L’énergie provient exclusivement de panneaux photovoltaïques, les eaux usées sont traitées par des biodigesteurs, et la gestion des déchets passe par la réutilisation, le recyclage et le compostage.

Une tendance qui gagne aussi les retraités

Les départements de Calamuchita, où se trouvent Yacanto et Umepay, ainsi que Punilla et Traslasierra, enregistrent depuis des années des taux d’augmentation de population très supérieurs à la moyenne provinciale. Des hameaux alternatifs voient leur population permanente croître sous l’effet de l’arrivée de néoruraux, ces migrants urbains venus des grandes villes.

Ce mouvement ne concerne plus seulement les jeunes professionnels ou les travailleurs à distance. Des adultes âgés et des retraités choisissent désormais le monte pour repenser leur retraite, en privilégiant le bien-être et les liens de proximité.

Carina Gómez Lauga, 52 ans, illustre à sa manière ce mouvement vers les sierras. Elle a vendu son appartement du centre-ville de Mar del Plata en 15 jours pour s’installer à Traslasierra. Elle y a fait construire une tiny house de 21 m², dont elle a elle-même dessiné les plans, en travaillant sept mois avec un maçon de la région.

Sur un espace de 3 mètres sur 7, la maison abrite une mezzanine servant de chambre, un bureau et un deck extérieur avec vue sur le monte. Elle explique qu’elle a conçu sa maison comme un temple pour être connectée à la nature.

Le réseau électrique arrive pourtant jusqu’à l’entrée de son terrain, mais Carina a préféré l’autonomie : quatre panneaux solaires et deux batteries au gel alimentent son éclairage LED, ainsi que des piquets solaires dans le jardin. Elle dit que, comme les lumières des panneaux solaires, ce n’est pas un luxe, c’est un plaisir.

Enseignante universitaire, coach et praticienne de consultations holistiques, elle poursuit son activité à distance grâce à une connexion internet. Après un divorce suivi d’une dépression, puis un cancer du sein, elle dit avoir cherché une vie plus connectée à la nature et à la spiritualité. Elle reçoit désormais ses enfants et petits-enfants, et partage des feux de camp avec ses voisins.

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