Le Sahara figure parmi les déserts les plus hostiles de la planète. Beaucoup d’initiatives ont vu le jour au fil des années, mais peu ont tenu sur le long terme face au changement climatique.
Une tentative ambitieuse, mais décevante
Une expédition réfrigérée a récemment transporté des millions d’abeilles en Afrique de l’Ouest pour polliniser de nouvelles végétations et repousser le désert. Le projet était audacieux, mais il a malheureusement échoué. Les températures record du sable, dépassant les 50 °C, ont fait ramollir les rayons de cire et provoqué l’effondrement des colonies, entraînant la perte totale des abeilles. Cet échec a montré qu’il fallait des solutions moins dépendantes de la technologie écologique.
Pour autant, cette déconvenue a ouvert la porte à une approche simple et efficace, inspirée des techniques traditionnelles : la méthode de la demi-lune, ou collecte d’eau en demi-lune.
La méthode des demi-lunes, une alternative efficace
La technique consiste à creuser des fosses en forme de croissant dans le sol. Chaque bassin, typiquement de 2 à 4 m de diamètre et de 15 à 25 cm de profondeur, est orienté pour retenir l’eau des pluies dans une cuvette, ce qui permet au sol d’absorber l’eau au lieu de la laisser s’écouler. Les demi-lunes créent de petits réservoirs qui aident à garder l’humidité, une technologie verte qui pourrait inspirer d’autres régions.
Une étude de Abdullahi Fodio University of Science and Technology au Nigeria a testé cette technique pendant la saison des pluies de 2025. Dirigée par le chercheur A.S. Ambursa et ses collègues, l’expérimentation a consisté à créer ces fosses sur deux parcelles fortement dégradées du campus. Les résultats ont été très prometteurs : une nette amélioration de la végétation, une meilleure rétention de l’humidité du sol et une réduction importante de l’érosion ont été observées.
Un intérêt et une reconnaissance grandissants
La technique des demi-lunes est utilisée depuis longtemps par des agriculteurs au Niger et au Mali. Elle est désormais recommandée par des institutions comme la FAO, pour sa capacité à restaurer rapidement les terres semi-arides. L’UNCCD la classe aussi parmi les pratiques reconnues pour restaurer les sols abîmés. Le faible coût de mise en œuvre et l’absence de besoin en machinerie lourde en font une option accessible et attractive.
Les chercheurs nigérians préconisent d’intégrer cette méthode dans les politiques nationales de gestion climatique et d’utilisation des terres. Leur étude a été publiée dans l’International Journal of Agriculture and Earth Science, soulignant les effets positifs de cette approche sur la conservation de la biodiversité.








