Ce que vous respirez chez vous est peut-être bien plus toxique que vous ne le pensez

Saviez-vous que 100 % de la population française est exposée aux PFAS, ces « polluants éternels » présents dans nos foyers ?

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Ce que vous respirez chez vous est peut-être bien plus toxique que vous ne le pensez
Ce que vous respirez chez vous est peut-être bien plus toxique que vous ne le pensez © RSE Magazine

Les substances per- et poly-fluoroalkylées (PFAS), souvent appelées « polluants éternels », font de plus en plus parler d’elles en raison de leur persistance dans l’environnement et de leurs effets potentiels sur la santé humaine. Présentes dans une multitude de produits du quotidien, ces composés chimiques se dégradent très lentement, entraînant une contamination durable de l’eau, des sols, et même de l’air. Leur présence partout dans notre environnement soulève des interrogations sérieuses sur les risques sanitaires pour ceux qui y sont exposés.

Comprendre les PFAS et comment on y est exposé

Les PFAS sont fabriquées à partir d’hydrocarbures, ces composés stables faits d’atomes de carbone et de fluor. On les retrouve surtout dans les textiles, emballages alimentaires et revêtements antiadhésifs. En plus de l’eau potable et de la nourriture, la poussière domestique représente une voie d’exposition non négligeable. Des études montrent que ces substances se trouvent largement dans les maisons, avec des niveaux mesurables dans la poussière et même dans le sérum sanguin des habitants.

La National Children’s Study (NCS) a analysé 16 PFAS couramment mesurés en comparant les quantités détectées dans la poussière domestique et dans le sérum sanguin. Les résultats mettent en lumière des liens intéressants entre ces deux supports.

Focus sur les niveaux de PFAS

Les moyennes géométriques des concentrations de PFAS varient selon le support utilisé pour la mesure. Par exemple, dans le sérum, on a relevé 4,1 ng/mL pour le PFOS et 1,1 ng/mL pour le PFOA. En revanche, dans la poussière domestique, les niveaux sont généralement plus élevés, avec 17 µg/kg pour le PFOS et 16 µg/kg pour le PFOA. D’autres composés, comme le PFHxS (3,9 µg/kg) ou le PFDA (3,5 µg/kg), sont également présents en quantités notables.

Des liens significatifs ont été observés entre certaines concentrations de PFAS dans le sérum et dans la poussière domestique, le PFOA étant particulièrement présent dans les deux milieux. Par ailleurs, certains facteurs sociodémographiques, comme un revenu élevé ou des rénovations récentes, semblent influer sur ces niveaux.

Conséquences pour la santé publique

Les effets potentiels sur la santé des PFAS inquiètent, tout comme les dangers des pesticides qui menacent la santé de nos enfants. Selon l’étude Esteban réalisée entre 2014-2016, 100 % de la population française est exposée à ces substances. Parmi les effets possibles, on note une toxicité hépatique et rénale, une cancérogénicité, une neurotoxicité, une reprotoxicité ainsi que des perturbations endocriniennes pouvant favoriser l’obésité ou le diabète de type 2. Les enfants, femmes enceintes et personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques se trouvent particulièrement vulnérables.

Pour diminuer l’exposition aux PFAS via la poussière, il est conseillé d’utiliser un aspirateur équipé d’un filtre HEPA et d’opter pour des purificateurs d’air portables, similaires à une méthode de filtration pour l’eau. Limiter l’utilisation de certains produits ménagers connus pour renfermer des perturbateurs endocriniens peut aussi contribuer à réduire le risque.

Mesures et initiatives contre les PFAS

Face à cette pollution par les PFAS, plusieurs actions ont été mises en œuvre. L’Igedd recommande d’identifier puis de dépolluer les sites à l’origine des émissions de PFAS. Trois composés en particulier — PFOS (2009), PFOA (2020) et PFHxS (2022) — ont déjà été interdits ou limités au niveau international grâce au règlement Reach piloté par l’Echa.

En février 2023, cinq pays européens, dont la France, ont proposé d’interdire totalement ces substances pour protéger davantage leurs populations.

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