Le ski, que ce soit pour le fun ou en compétition, cache une réalité environnementale inquiétante. L’usage de farts fluorés pour améliorer la glisse ne serait pas anodin, puisqu’ils relâchent des composés chimiques persistants appelés PFAS (per- et polyfluoroalkylées) (on les surnomme aussi « polluants éternels » à cause de leur très longue durée de vie dans la nature).
Les farts fluorés : un souci qui dure
Les farts fluorés intègrent du fluor, indispensable pour bien tenir sur la neige. Le souci, c’est que ces produits chimiques s’accumulent dans l’environnement et mettent des centaines d’années à disparaître. Une étude récente en Autriche, réalisée par le James Hutton Institute et l’Université de Graz, a mis en avant quatorze types de PFAS présents dans les sols alpins. On a relevé des niveaux particulièrement élevés dans les zones très exploitées pour le ski, bien au-dessus de ceux mesurés ailleurs.
Viktoria Müller, l’une des auteures de l’étude, explique que « ces produits chimiques sont appelés ‘produits chimiques éternels’ parce qu’il leur faudra des centaines d’années pour se décomposer ». Elle précise aussi que ces substances pourraient s’accumuler ou se répandre dans l’environnement de façon plus générale, y compris dans les nappes phréatiques.
Conséquences pour l’environnement et la santé
Les PFAS ne restent pas confinés dans les sols : ils peuvent aussi atteindre les nappes phréatiques et compromettre la qualité de l’eau potable. En plus, ces composés se retrouvent dans plusieurs objets du quotidien comme les textiles imperméables et les emballages alimentaires. La friction entre la neige et les skis durant les descentes libère des particules de PFAS, qui finissent par contaminer le sol lorsque la neige fond.
Sur le plan de la santé, certains PFAS sont liés à de sérieux risques, tels que le cancer, des troubles thyroïdiens, des perturbations du système immunitaire ou encore l’infertilité. Ils pourraient également provoquer des malformations chez les enfants à naître en raison des impacts sanitaires graves.
Réactions et solutions envisageables
Pour répondre à cette situation préoccupante, depuis mars 2023, la Fédération internationale de ski et de snowboard a interdit l’usage des farts fluorés lors des compétitions officielles, en raison de leur toxicité avérée. Certaines marques se sont déjà mises en quête d’alternatives sans fluor, même si ces nouvelles solutions peinent encore à convaincre les skieurs professionnels, qui craignent une baisse notable de performance.
Diminuer l’utilisation de PFAS est devenu un vrai défi pour le monde du ski. On se penche aussi sur des méthodes pour éliminer ces produits déjà présents dans l’environnement, mais jusqu’à présent, aucune solution vraiment efficace n’a été trouvée pour dépolluer des sols saturés.








