Français sur se disent prêts à passer à l’emballage réemployable. C’est le chiffre qui ressort d’une étude Ifop pour Carton Ondulé de France, révélée en exclusivité par BFMTV le lundi 20 juillet : 92 % des personnes interrogées affirment vouloir utiliser ce type d’emballage pour au moins une catégorie de produits.
L’enquête a été menée auprès de 3 005 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, par questionnaire en ligne du 4 au 12 mai 2026, selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession), avec une stratification par région et par catégorie d’agglomération.
Un bonus plébiscité plutôt qu’une consigne payante
L’adhésion de principe cache des conditions bien précises. Deux tiers des Français, soit 68 %, privilégient un système de bonus, sous forme de remise immédiate au retour de l’emballage, plutôt qu’une consigne payée à l’achat. Le montant jugé réellement incitatif pour garantir un retour en magasin s’établit à 2 euros en moyenne, mais la moitié des sondés (50 %) trouve « juste » une consigne comprise entre 20 et 50 centimes. Seuls 3 % accepteraient de payer plus de 2 euros.
La proximité compte aussi : 56 % des Français n’accepteraient de rapporter leurs emballages que si le point de collecte se trouve à moins de cinq minutes de chez eux, ou si la collecte est assurée à domicile.
Le président de Carton Ondulé de France, Dominique Lagarde, résume ce paradoxe apparent : « Cette étude révèle que les Français sont volontaires pour prendre soin de l’environnement, mais qu’ils ne peuvent pas le faire à n’importe quel prix. » Selon lui, les politiques publiques doivent intégrer ce paramètre, tout comme une vision holistique du sujet, à savoir l’impact environnemental, économique et sociétal des emballages.
Macron veut relancer le dossier de la consigne
La consigne des bouteilles est un dossier que le président tente de relancer dans la dernière année de son mandat. Lors de son cinquième Conseil de planification écologique, en mai 2026, Emmanuel Macron avait demandé de « maintenant bouger » sur ce sujet. « Je demande au gouvernement, sous l’autorité du Premier ministre, d’engager les concertations pour définir les actions concrètes qui nous permettront d’atteindre l’objectif de recyclage en 2030 », avait-il déclaré.
Sur le terrain, un dispositif de grande ampleur avait déjà été annoncé le 20 août 2024 dans Ouest-France par le directeur général de Citeo, Jean Hornain, et la directrice de Réseau Vrac et Réemploi, Célia Rennesson : le déploiement d’une consigne pour réemploi du verre dans quatre régions (Bretagne, Hauts-de-France, Normandie et Pays de la Loire), à partir de mai 2025, dans un millier de super et hypermarchés.
Soupes, jus de fruits, fromages blancs, compotes, légumes en conserve ou bière seraient ainsi vendus dans des emballages en verre standardisés, avec une consigne de 20 à 30 centimes restituée au retour du contenant.
Zero Waste France avait salué l’initiative, tout en jugeant que « l’heure n’est plus à l’expérimentation ». L’association réclamait une obligation de reprise des emballages réemployables pour les super- et hypermarchés, ainsi que des pénalités financières pour les marques qui continuent de vendre en emballage à usage unique alors qu’une alternative réemployable existe déjà.


