80 % des espèces de ce lac n’existent nulle part ailleurs sur Terre : certaines purifient son eau depuis 25 millions d’années sans intervention humaine

Le lac Baïkal, trésor de biodiversité unique, est menacé par le changement climatique et la pollution.

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80 % des espèces de ce lac n'existent nulle part ailleurs sur Terre : certaines purifient son eau depuis 25 millions d'années sans intervention humaine
80 % des espèces de ce lac n’existent nulle part ailleurs sur Terre : certaines purifient son eau depuis 25 millions d’années sans intervention humaine © RSE Magazine

Situé au cœur de la Sibérie, le lac Baïkal est le plus grand réservoir d’eau douce liquide de la planète et l’un des écosystèmes les plus anciens. Vieux de 25 millions d’années et profond de 1 642 mètres, il abrite une biodiversité que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Le changement climatique et la pollution exercent aujourd’hui une forte pression sur ce milieu.

Un phénomène géologique qui sort du lot

Le lac Baïkal repose sur un rift tectonique actif, où les plaques s’écartent lentement, à raison de 2 cm par an. Ce mouvement ressemble à celui qui a créé l’océan Atlantique il y a 180 millions d’années. Dans 20 à 30 millions d’années, le lac pourrait ainsi devenir un océan.

Cet isolement géologique prolongé a façonné une colonne d’eau particulière, avec des conditions propices à l’apparition d’espèces singulières. Selon Sciencepost, plus de 80 % des espèces qui vivent dans le lac n’existent nulle part ailleurs.

Un vrai labo de l’évolution

Le lac Baïkal est souvent présenté comme un « laboratoire évolutif », car il abrite des milliers d’espèces endémiques. Parmi elles, le nerpa, seul phoque d’eau douce au monde, intéresse particulièrement les scientifiques. Comme le lac se trouve à 3 000 km de l’océan le plus proche, sa présence s’expliquerait par une ancienne migration depuis l’océan Arctique.

Le lac compte aussi 350 espèces de gammares, importantes pour la qualité de l’eau, et des éponges endémiques capables de filtrer de grandes quantités d’eau. Le plancton Epischura baicalensis est tout aussi notable : il représente 90 % du zooplancton du lac et filtrerait son volume total en dix ans.

Les eaux du lac, très claires, offrent une visibilité qui atteint 40 mètres de profondeur. Leur statut oligotrophe, entretenu par cette filtration biologique, en fait l’une des eaux les plus pures au monde.

Les menaces qui pèsent aujourd’hui

Depuis les années 2000, les spécialistes relèvent plusieurs signaux d’alerte. La prolifération de l’algue Spirogyra traduit une eutrophisation liée aux activités humaines, surtout aux rejets d’eaux usées et au tourisme en forte hausse.

Autour des rives, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1996, les infrastructures touristiques mal contrôlées mettent en péril cet écosystème millénaire et en aggravent les conséquences écologiques.

La température de surface du lac a augmenté de près de 2 °C depuis les années 1940, ce qui amplifie les effets du changement climatique dans la région. À cela s’ajoute la pollution industrielle héritée de l’ère soviétique, notamment autour de la ville d’Irkoutsk, qui accroît le risque de catastrophes environnementales.

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