Une baleine s’échoue dans le Río de la Plata : les vétérinaires de San Isidro déploient un dispositif que personne n’avait encore tenté

Une baleine de 7 mètres échouée près de Buenos Aires, entre la vie et la mort. Marées, bancs de sable, course contre le temps : le sauvetage tient à un fil. L’issue reste incertaine.

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Une baleine s'échoue dans le Río de la Plata : les vétérinaires de San Isidro déploient un dispositif que personne n'avait encore tenté
Une baleine s’échoue dans le Río de la Plata : les vétérinaires de San Isidro déploient un dispositif que personne n’avait encore tenté © RSE Magazine

Une baleine sei s’est échouée dans le Río de la Plata, face au partido de San Isidro, dans le nord de la province de Buenos Aires, dans une zone connue localement sous le nom de « Bajos del Temor ».

L’animal s’est échoué le jeudi 23 juillet 2026 et a été repéré le lendemain, vendredi 24 juillet. Il s’agit d’un spécimen de Balaenoptera borealis, long d’environ 7 mètres. Le personnel spécialisé dépêché sur place a confirmé que le cétacé était encore vivant.

Un opératif de sauvetage a immédiatement été mis en place, mobilisant la Fundación Temaikèn, la Prefectura Naval Argentina et la Fundación Cethus. L’opération est coordonnée par José Luis Torres, de la Fundación Temaikèn. Sur le terrain, l’équipe travaille à maintenir la peau de l’animal humide, une mesure qui réduit son stress et favorise son bien-être en attendant d’évaluer les possibilités de le désensabler.

Un sauvetage suspendu aux marées

La situation reste délicate. Échouée, la baleine supporte tout son poids sur le ventre, ce qui compromet le fonctionnement de ses organes internes. La Fundación Temaikèn a résumé la gravité de l’état de l’animal en une formule sans détour : « la situation est critique ».

La zone des Bajos del Temor, dans le Pasaje del Sueco, n’arrange rien : de fortes variations de marée et de nombreux bancs de sable y compliquent toute navigation. Selon des données transmises par la Prefectura Naval à Infobae, la marée montante devait atteindre 0,70 centimètre ce vendredi, avant une marée descendante prévue à 0,30 centimètre à 23 h 30.

Le plan des sauveteurs consiste à profiter de cette montée du niveau d’eau pour désengager le cétacé et le guider vers des secteurs plus profonds, afin qu’il puisse regagner le Río de la Plata extérieur, puis, à terme, la mer ouverte.

La possibilité concrète de sauver l’animal dépendra de l’évolution des marées et des conditions du lieu dans les heures suivantes. Selon des sources de la Fundación Temaikèn citées par Infobae, l’opération s’est arrêtée pour la journée ce vendredi. Elle doit reprendre samedi matin, et pourrait s’étendre sur tout le week-end.

À cette période de l’année, la baleine sei migre habituellement vers le nord, et sa présence entre l’Argentine, l’Uruguay et le Brésil, près de l’embouchure du Río de la Plata, n’a rien d’exceptionnel. Les spécialistes avancent l’hypothèse d’une combinaison de facteurs environnementaux ou d’un problème de santé qui aurait désorienté l’animal, lequel aurait remonté le fleuve jusqu’à s’échouer sur un banc de sable.

Ce n’est pas la première fois en 2026 que la Fundación Temaikèn intervient sur des échouages de cétacés ou de pinnipèdes dans la région. Début juin 2026, l’organisation avait reçu dix alertes concernant des lobos marinos échoués en moins de 72 heures, à Tigre, Escobar, Zárate et jusqu’à Paraná, en Entre Ríos.

La période de l’année expliquait en partie ce phénomène : les jeunes individus récemment sevrés commencent leur vie autonome et sont particulièrement vulnérables à la faiblesse et à la désorientation. Ces animaux présentaient un tableau clinique grave : bas poids, déshydratation, malnutrition et signes respiratoires.

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