Un couple en Floride achète un marais de 18 hectares pour le préserver face à l’urbanisation, 15 ans plus tard 275 cigognes apparaissent

Un couple rachète un marécage pour empêcher sa destruction… et devient malgré lui gardien de 275 cigognes autrefois menacées. Leur secret ? Patience, alligators dressés et brûlages maîtrisés. Une histoire qui prouve qu’un seul geste peut tout changer.

Publié le
Lecture : 2 min
Un couple en Floride achète un marais de 18 hectares pour le préserver face à l'urbanisation, 15 ans plus tard 275 cigognes apparaissent
Un couple en Floride achète un marais de 18 hectares pour le préserver face à l’urbanisation, 15 ans plus tard 275 cigognes apparaissent © RSE Magazine

Jim Stevenson et Tara Tanaka ont acheté en 2007 un marécage de cyprès d’environ 18 hectares jouxtant leur domicile, à Tallahassee, en Floride. Le couple craignait de voir cette zone humide défrichée pour être aménagée, et a préféré en devenir propriétaire.

Bien avant cet achat, Stevenson, biologiste retraité des parcs d’État, pagayait déjà dans le marécage pour arracher à la main les arbres du suif de Chine, une plante envahissante qui referme les étendues d’eau libre dont les cigognes ont besoin pour se nourrir.

Il continue de gérer l’habitat par le brûlage dirigé sur les terrains environnants, et fait appel à de l’équipement mécanique pour dégager la végétation qui menace de recouvrir les îlots flottants. Il a même aménagé une petite île où les alligators viennent se prélasser, ce qui tient à distance les ratons laveurs susceptibles de piller les nids.

Tanaka, photographe et vidéaste animalière primée, observe cette faune avec du matériel à fort grossissement, sans jamais la déranger. Son bureau donne directement sur la zone humide, ce qui lui permet de voir arriver les cigognes chargées de bâtons pour leurs nids et de reconnaître certains individus revenant d’année en année. « I love seeing them come back year after year », a-t-elle confié, une citation reprise par le US Fish and Wildlife Service (USFWS).

Une colonie de 275 cigognes protégée par une servitude perpétuelle

En 2022, l’USFWS a recensé 275 cigognes des bois nicheuses sur la propriété, ce qui en fait une colonie de reproduction importante pour un terrain privé, raconte le Times of India. Hérons bleus et verts, grandes aigrettes, anhingas, canards branchus et dendrocygnes à ventre noir y nichent également, tandis que des spatules roses viennent y faire des haltes. Bobcats, loutres, castors et alligators complètent ce tableau.

En 2016, l’Apalachee Land Conservancy a établi sur la propriété une servitude de conservation à perpétuité. Ce dispositif juridique interdit tout aménagement résidentiel, commercial ou incompatible avec la préservation du site, tout en laissant Stevenson et Tanaka propriétaires de leurs 45 acres.

La cigogne des bois avait été inscrite sur la liste des espèces en danger en 1984, alors que sa population était tombée sous les 5 000 couples nicheurs, contre environ 20 000 dans les années 1930. En février 2026, l’USFWS a annoncé le retrait de la population du Sud-Est des États-Unis de cette liste fédérale, une décision entrée en vigueur en mars 2026.

L’agence estime la population reproductrice actuelle entre 10 000 et 14 000 couples nicheurs, répartis sur une centaine de sites de colonies, soit plus du double des effectifs constatés au moment de l’inscription sur la liste.

Avant la pandémie de Covid-19, Stevenson et Tanaka organisaient des sessions trimestrielles pour les propriétaires privés désireux de gérer leurs terrains en faveur de la faune. Ces rencontres, qui affichaient régulièrement complet, réunissaient une quarantaine à cinquante personnes venues apprendre les techniques de brûlage dirigé et l’usage des plantes indigènes.

Laisser un commentaire