Sous la glace de l’Antarctique, des biologistes filment un jardin secret que personne ne soupçonnait

Sous les glaces de l’Antarctique, une vie colorée et fascinante attend d’être découverte.

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Sous la glace de l'Antarctique, des biologistes filment un jardin secret que personne ne soupçonnait
Sous la glace de l’Antarctique, des biologistes filment un jardin secret que personne ne soupçonnait © RSE Magazine

Sous les glaces de l’Antarctique se cache un monde que presque personne n’a vu. L’expédition Under The Pole, menée par Ghislain Bardout et Emmanuelle Périé-Bardout, a conduit une équipe d’aventuriers à la découverte des « forêts animales » de la zone mésophotique de l’océan Austral, un écosystème marin resté largement inexploré. Soutenue par le programme scientifique DeepLife, appuyé depuis 2021 par les Nations unies, cette mission vise à mieux comprendre et protéger cet environnement.

Le départ et la traversée du Drake

En décembre 2025, la goélette Why, un voilier de 19 mètres conçu pour affronter les glaces, a quitté Ushuaïa, en Argentine, pour rejoindre la péninsule Antarctique. Prévue pour trois mois, l’expédition a permis d’étudier dix récifs distincts, dont un situé au-delà du cercle polaire. Après avoir traversé le passage du Drake et essuyé une tempête avec des vagues de 5 mètres, les plongeurs ont réalisé 115 plongées, jusqu’à 130 mètres de profondeur, pour observer une faune et une flore sous-marines très colorées, une découverte en Antarctique.

Des couleurs et de la vie sous la glace

À 100 mètres de profondeur, certains récifs forment un vrai kaléidoscope : éponges orange, coraux jaune citron, gorgones rose pâle abritent des créatures marines inattendues. Ghislain Bardout décrit ce biotope, peuplé de crevettes, de poissons, de crustacés et d’étoiles de mer, comme « plus riche en formes et en couleurs que tout ce que j’aurais pu imaginer », cite le magazine Geo. Il évoque aussi la découverte de nids de poissons en Antarctique. Ces forêts animales servent également de refuge à la faune de surface : mouettes, pétrels, manchots et phoques-léopards y trouvent nourriture et abri.

Du matériel pour plonger en terrain difficile

Pour sécuriser des plongées aussi exigeantes, l’équipe a utilisé du matériel de pointe : recycleurs d’air, détendeurs antigel, combinaisons étanches. Des hydrophones ont enregistré des « symphonies sous-marines », et des appareils photo et vidéo ont cartographié ces forêts mètre par mètre. Il y a eu quelques incidents, comme un chercheur qui s’est emmêlé dans un câble ou des pannes électroniques, mais le professionnalisme et la vigilance de l’équipe ont permis d’éviter tout accident grave.

Un appel pour protéger ces récifs

L’expédition ne se limite pas à l’exploration : elle vise aussi la protection. Face au réchauffement climatique et à l’acidification des océans, Emmanuelle Périé-Bardout insiste sur l’urgence de créer une aire marine protégée dans la région. L’exploitation industrielle croissante de ressources comme le krill, vital pour ces écosystèmes, menace les récifs et les espèces qu’ils abritent. Pour sensibiliser le grand public, un livre intitulé Subantarctica, prévu pour octobre 2026, rassemblera ces découvertes et expliquera pourquoi ces milieux comptent.

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