Fraude alimentaire : des sauces tomate italiennes seraient tout sauf italiennes 

Publié le
Lecture : 2 min
Fraude alimentaire : des sauces tomate italiennes seraient tout sauf italiennes 
Fraude alimentaire : des sauces tomate italiennes seraient tout sauf italiennes  © RSE Magazine

Dans nos assiettes, des produits simples cachent parfois des histoires bien plus complexes. Les sauces tomate, stars de nos cuisines, sont-elles toujours à la hauteur de leur réputation ? Derrière certaines étiquettes rassurantes, une réalité troublante émerge. Des questions sur leurs véritables origines interpellent. Et si ces tomates, si rouges, si mûres, n’étaient pas celles que l’on croyait ?

De l’Italie à la Chine pour certaines sauces tomate ?

Quand on pense « sauces italiennes », on imagine des champs de tomates baignĂ©s de soleil, des producteurs locaux engagĂ©s. Pourtant, une enquĂŞte de la BBC rĂ©vèle une autre histoire. Certaines tomates, utilisĂ©es dans des sauces vendues en Europe, proviendraient de la rĂ©gion du Xinjiang en Chine, oĂą elles seraient cultivĂ©es dans des conditions bien Ă©loignĂ©es des normes Ă©thiques.
Selon les analyses de transport et les signatures chimiques des sols, des lots de concentrĂ© de tomate expĂ©diĂ©s en Italie par des entreprises comme Xinjiang Guannong pourraient contenir des tomates rĂ©coltĂ©es par des travailleurs forcĂ©s ouĂŻghours. Ces tomates sont ensuite intĂ©grĂ©es dans des produits labellisĂ©s « italiens », une pratique que certains experts qualifient de fraude alimentaire systĂ©mique.

La région du Xinjiang, en Chine, est tristement célèbre pour son programme dit de « rééducation par le travail », dénoncé par les Nations unies et de nombreuses ONG. Les témoignages recueillis par la BBC sont glaçants : des hommes et des femmes, appartenant à la minorité ouïghoure, contraints de travailler dans des champs de tomates.
Mamutjan, un ex-détenu, décrit à la BBC des journées harassantes sous la menace de violences physiques. « On m’a attaché à des chaînes pour ne pas avoir atteint les quotas exigés« , confie-t-il. 

Lidl, Petti et les marques sous pression

Les grandes enseignes européennes, comme Lidl, et des fabricants italiens tels que Petti, se retrouvent au cœur de la polémique. Si Lidl affirme à Libération avoir cessé toute collaboration avec des fournisseurs chinois, des analyses indépendantes mettent en doute ces déclarations.
En 2021, Petti a été accusé d’avoir importé des concentrés chinois qu’elle aurait étiquetés comme « 100 % italiens ». Bien que l’entreprise ait nié ces accusations, des preuves troublantes, comme des barils estampillés « Xinjiang » dans ses usines, continuent d’alimenter les soupçons.

Que savons-nous rĂ©ellement des produits que nous consommons ? En Europe, l’origine des ingrĂ©dients des aliments transformĂ©s, comme les conserves de tomates, reste floue. Tandis que les États-Unis adoptent des lĂ©gislations strictes pour bannir les produits issus du travail forcĂ©, l’Union europĂ©enne tarde Ă  agir.
Pourtant, des associations agricoles italiennes, comme Coldiretti, alertent sur les dangers de cette concurrence dĂ©loyale et du dumping social et environnemental. 

Laisser un commentaire