Cet hiver 2025 restera dans les mémoires au Maroc : après sept années de sécheresse intense, le ciel a fini par être exceptionnellement clément. Pour le pays, aussi appelé « royaume chérifien », cette hausse record des précipitations a offert un répit bienvenu. Mais ce répit soulève aussi de nouveaux défis pour la gestion de l’eau et les politiques environnementales.
Météo et eau : pluies record et conséquences
Durant l’hiver 2025, le Maroc a connu une augmentation des précipitations spectaculaire de 95 % par rapport à l’année précédente, confirme Presse Citron. Le ciel, qualifié de « très généreux », a déversé ce qui a été décrit comme « un déluge », rempli les barrages à 46 % de leur capacité moyenne et a donné au secteur agricole une « bouffée d’oxygène inespérée ».
Cette embellie arrive après sept années de sécheresse qui ont laissé des terres craquelées et des barrages presque à sec. Depuis 1990, le pays fait face à une crise hydrique structurelle qui a généré des épisodes de stress thermique. Les sols, ayant perdu leur capacité d’absorption, laissent désormais l’eau ruisseler vers l’océan plutôt que de recharger les nappes phréatiques.
Sol et relief : pourquoi l’eau n’arrive pas à pénétrer
Les pluies ont mis en lumière des problèmes pédologiques anciens : les sols marocains, « cuits » par la chaleur et le manque d’eau, sont devenus hydrophobes, tandis que des initiatives pour capter l’eau de la brume émergent. Comparés à « une épaisse carapace de béton », ils favorisent le ruissellement plutôt que l’infiltration. Cette difficulté à recharger les nappes phréatiques menace de laisser les nouveaux volumes d’eau vulnérables lors des prochaines vagues de chaleur.
En parallèle, le pays vise à augmenter la part d’eau dessalée dans la consommation d’eau potable, s’appuyant sur des techniques de dessalement éprouvées, passant de 25 % à 60 % d’ici 2030. Un effort entamé dès 1970, qui repose largement sur l’océan Atlantique comme « réservoir principal ». Mais les rejets salins générés par le dessalement, estimés en millions de mètres cubes par an, suscitent des inquiétudes pour la préservation des écosystèmes marins.
Politique et société : les choix qui fâchent
Sous la direction d’Aziz Akhannouch, le gouvernement doit faire face à une colère populaire grandissante, accusé d’incarner « le visage d’un capitalisme de connivence ». Les priorités semblent tiraillées entre sécuriser l’eau pour l’agriculture (environ 14 % du PIB national) et tirer parti des opportunités liées aux aléas climatiques tout en préparant une transition durable.
Sur le plan socio-économique, l’eau des barrages et des nouveaux systèmes de dessalement pourrait préserver de nombreux emplois agricoles et freiner la baisse des rendements céréaliers. Reste que la question centrale porte sur des solutions durables, au-delà d’un « ouf de soulagement » temporaire.








