Forêt tropicale : en 2025, l’équivalent de la superficie du Danemark a disparu

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Forêt tropicale : en 2025, l'équivalent de la superficie du Danemark a disparu
Forêt tropicale : en 2025, l’équivalent de la superficie du Danemark a disparu © RSE Magazine

La forêt tropicale continue de subir une pression considérable, malgré quelques signaux encourageants. En 2025, près de 4,3 millions d’hectares de forêts primaires tropicales ont disparu, selon les dernières données de Global Forest Watch. Cette superficie, équivalente au territoire danois, marque certes un recul significatif de 36% par rapport à l’année record de 2024, mais demeure profondément préoccupante pour les entreprises soucieuses de leur empreinte environnementale.

Cette tendance paradoxale illustre parfaitement les défis contemporains auxquels sont confrontées les organisations dans leur démarche de responsabilité sociétale. Si les efforts déployés portent leurs fruits, l’urgence climatique exige néanmoins une accélération drastique des mesures de protection. Cette amélioration relative cache encore des niveaux de destruction alarmants.

Des progrès fragiles dans un contexte économique complexe

Elizabeth Goldman, codirectrice de Global Forest Watch, qualifie cette baisse d' »encourageante » tout en rappelant sa fragilité intrinsèque. « Toute bonne année est bonne à prendre, mais il faut que les bonnes années durent éternellement si l’on veut préserver la forêt tropicale« , précise Matt Hansen, professeur à l’université du Maryland.

Ces déclarations résonnent particulièrement auprès des dirigeants d’entreprises dont les chaînes d’approvisionnement dépendent directement ou indirectement des ressources forestières. Chaque minute, l’équivalent de onze terrains de football de forêts primaires disparaît encore, transformant cette problématique en enjeu stratégique majeur pour de nombreux secteurs d’activité. Cette réalité interpelle d’autant plus que certaines entreprises développent activement leur stratégie environnementale.

Le Brésil, locomotive des améliorations environnementales

L’amélioration constatée en 2025 résulte principalement des efforts brésiliens. Le pays, qui abrite la plus vaste forêt tropicale mondiale, a diminué sa déforestation primaire de 41% grâce à des politiques volontaristes comprenant un plan antidéforestation renforcé, l’alourdissement des sanctions pour infractions environnementales, une surveillance accrue des activités agricoles et minières, ainsi que des partenariats public-privé pour la conservation.

D’autres nations ont également contribué à cette dynamique positive. La Colombie affiche une réduction de 17%, tandis que la Malaisie et l’Indonésie maintiennent leurs destructions forestières à des niveaux inférieurs aux années précédentes, démontrant l’efficacité de gouvernances déterminées. Ces progrès restent néanmoins insuffisants au regard des objectifs climatiques.

Des défis persistants pour l’écosystème entrepreneurial

Néanmoins, ces progrès demeurent fragiles face aux pressions économiques. L’expansion du soja et de l’élevage au Brésil, comme l’exploitation des mines de nickel en Indonésie, continuent de menacer des milliers d’hectares. Parallèlement, la Bolivie, la République démocratique du Congo, le Cameroun et Madagascar enregistrent encore des destructions importantes de forêts primaires.

Cette géographie contrastée de la déforestation impose aux entreprises multinationales une cartographie précise de leurs risques environnementaux. Les sociétés impliquées dans l’agroalimentaire, la cosmétique ou l’industrie textile doivent désormais intégrer ces données dans leurs stratégies d’approvisionnement responsable. Cette préoccupation croissante s’inscrit dans une démarche plus large où l’exploitation des ressources naturelles fait l’objet d’une attention particulière.

L’incendie, nouveau défi climatique et économique

Au-delà de l’expansion agricole, traditionnellement principale cause de déforestation, les incendies représentent désormais 42% des pertes forestières globales en 2025. « Au cours des trois dernières années, les incendies ont détruit plus de deux fois plus de couverture forestière qu’il y a vingt ans« , alerte Elizabeth Goldman.

Cette escalade pyrotechnique touche particulièrement certains territoires. Le Canada a vu 5,3 millions d’hectares partir en fumée, faisant de 2025 sa deuxième pire année. En Europe, la France enregistre des destructions forestières sept fois supérieures à 2024, tandis que l’Espagne et le Portugal voient 60% de leurs pertes arborées causées par les feux. Cette tendance s’inscrit dans un contexte climatique de plus en plus préoccupant.

Perspectives 2030 : un défi colossal pour les organisations

L’objectif mondial de stopper la déforestation d’ici 2030 semble compromis. Selon Global Forest Watch, les niveaux actuels demeurent 70% trop élevés par rapport à la trajectoire nécessaire. Cette réalité contraint les entreprises à repenser fondamentalement leurs modèles économiques.

L’année 2026 s’annonce déterminante selon les experts. Le retour probable d’El Niño risque d’intensifier les incendies, tandis que les élections nationales dans plusieurs pays forestiers pourraient influencer la poursuite des progrès environnementaux. Les tensions géopolitiques internationales ajoutent une incertitude supplémentaire à cette équation complexe.

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