Ni le réchauffement climatique ni les canicules n’y changent rien : cette glace du Jura résiste depuis des siècles sous terre

Découvrez la glacière naturelle de Chaux-lès-Passavant, la plus basse d’Europe, avec ses températures défiant l’été et son histoire fascinante.

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Ni le réchauffement climatique ni les canicules n'y changent rien : cette glace du Jura résiste depuis des siècles sous terre
Ni le réchauffement climatique ni les canicules n’y changent rien : cette glace du Jura résiste depuis des siècles sous terre © RSE Magazine

Située dans le département du Doubs, en Franche-Comté, la glacière naturelle de Chaux-lès-Passavant présente plusieurs particularités. Considérée comme la glacière naturelle la plus basse d’Europe, cette cavité creusée dans le calcaire jurassien à 525 m d’altitude se distingue par ses propriétés physiques et son passé. Pendant des siècles, elle a servi aux usages locaux, avant que le réchauffement climatique ne la fragilise. Tout près, les cascades de la région se figent l’hiver, quand l’eau gèle en formes cristallines.

La glacière : un phénomène à part

La glacière de Chaux-lès-Passavant est une cavité souterraine où la température reste sous 0 °C ou proche de ce seuil toute l’année, explique le Sciencepost. Plusieurs mécanismes physiques l’expliquent. La densité de l’air joue le rôle principal : l’air froid, plus lourd, descend dans la cavité et y reste piégé grâce à l’ouverture orientée nord-est, qui capte les vents glacials. En hiver, le thermosiphon aspire cet air froid vers le bas, et les infiltrations d’eau forment de petits glaciers et des chandelles de glace. En été, l’air chaud stagne au-dessus de l’air froid, limite les échanges gazeux et maintient des températures négatives.

Températures, variations et changements climatiques

À l’intérieur, les températures changent fortement selon les saisons. En été, elles se situent entre -2 °C et -6 °C ; en hiver, elles peuvent descendre jusqu’à -25 °C. Malgré ces valeurs, la glace permanente de Chaux-lès-Passavant a disparu depuis 2005, sous l’effet du dérèglement climatique qui accélère la fonte des glaciers. Ces glacières ont été exploitées au fil de l’histoire : les moines de l’abbaye de la Grâce-Dieu s’en servaient dès le XVIe siècle. La glace extraite, jusqu’à 100 tonnes par an, était employée pour ses propriétés anesthésiantes par les hôpitaux et transportée jusqu’à Besançon.

Les cascades autour, à voir absolument

Non loin de la glacière, plusieurs cascades retiennent l’attention par leur débit et leur cadre. À Pierrefontaine-les-Varans, la cascade du Val jaillit d’une source cachée sous une falaise calcaire. Dans le Haut-Jura, les cascades du Hérisson gèlent en hiver et prennent des formes cristallines. La cascade de la Billaude, à Vaudioux, et sa double chute de 28 m est inscrite au patrimoine naturel par la DREAL. À Baume-les-Messieurs, les massifs de tuf calcaire montent à 15 m, et la cascade de l’Audeux se mue en mur de glace l’hiver.

Histoire et enjeux d’aujourd’hui

Le site est fréquenté depuis l’âge du Bronze et la glacière est documentée scientifiquement dès 1584. L’histoire locale garde la trace d’un épisode judiciaire : une offrande annuelle de glace par les habitants de Vellerot, liée au meurtre d’un chanoine. Aujourd’hui, le climat menace ces phénomènes naturels et rend la préservation des glaciers plus urgente. La glacière de Monlési, encore viable avec ses 6 000 m³ de glace, montre cependant qu’une telle résilience reste possible dans de bonnes conditions.

En visitant la glacière naturelle de Chaux-lès-Passavant, on comprend mieux les liens entre géologie, histoire et climat, comme le révèlent aussi les traces de pollution mises au jour par la fonte des glaciers. Ces sites ont longtemps eu de la valeur pour la nature comme pour les habitants ; il reste à les protéger et à repenser notre rapport à ces formations menacées.

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