La Nasa recrute pour Mars : les candidats découvrent les conditions d’isolement pendant un an

365 jours coupé du monde, sans réseaux sociaux, dans une fausse base martienne à Houston. La NASA recrute pour sa mission la plus extrême encore. Avez-vous le profil pour tenir un an enfermé ?

Publié le
Lecture : 3 min
La Nasa recrute pour Mars : les candidats découvrent les conditions d'isolement pendant un an
La Nasa recrute pour Mars : les candidats découvrent les conditions d’isolement pendant un an © RSE Magazine

Passer 365 jours confiné, loin de ses réseaux sociaux, à simuler des sorties sur Mars sans jamais quitter Houston : c’est ce que propose la NASA à qui voudra bien candidater. L’agence américaine vient de lancer un appel à volontaires pour sa troisième mission d’exploration analogue, baptisée « Moon and Mars Exploration Analog » (MMEA). Elle ne débutera pas avant août 2027, le temps de sélectionner et de former l’équipage.

Cela fait plus de 50 ans que personne n’a posé le pied sur la Lune. La NASA prépare un retour à la surface lunaire dès 2028 et pose, en parallèle, les bases de la première mission habitée vers Mars. Avant d’y envoyer de vrais astronautes, l’agence veut d’abord tester les humains, pas les fusées ni les combinaisons.

Deux habitats, un vaisseau et une base

La nouveauté de cette édition tient à son décor. Les participants vivront dans deux habitats distincts : celui d’HERA, qui simulera un vaisseau spatial, et celui de CHAPEA, qui figurera une base posée à la surface de la Lune ou de Mars. L’idée est de reconstituer une mission complète, du voyage aller au séjour sur place, jusqu’au retour vers la Terre.

Au programme : entretien de l’habitat, expériences scientifiques, réponses à des urgences simulées, et de fausses sorties martiennes, y compris à bord d’un rover pour rejoindre des sites d’exploration situés au-delà de l’habitat principal. Un volontaire équipé de lunettes de réalité augmentée pourra ainsi s’exercer à des tâches proches de celles d’un véritable astronaute. Autre particularité assumée par la NASA : une désintoxication obligatoire aux réseaux sociaux.

Les chercheurs y observeront tout ce qui peut se mesurer : dynamique d’équipe, santé mentale, fonctionnement de l’habitat, procédures de mission. Selon la NASA, envoyer des humains sur Mars ne se résume pas à construire une fusée assez grande, il s’agit de s’assurer que chaque aspect de la vie loin de la Terre fonctionne.

Un héritage de deux programmes existants

MMEA n’invente rien à partir de rien. Le nouveau programme fait évoluer les acquis de deux missions analogues déjà rodées par la NASA : HERA (Human Exploration Research Analog), qui étudie les effets de l’isolement pendant les vols spatiaux, et CHAPEA (Crew Health and Performance Exploration Analog), qui simule la vie à la surface martienne.

L’objectif affiché est de les fusionner en une mission unique, pour simplifier l’évaluation de l’adaptation des astronautes sur l’ensemble des scénarios de mission possibles.

L’historique donne une idée du sérieux du dispositif. En 2023, quatre volontaires avaient déjà passé 378 jours dans un habitat martien simulé au Centre spatial Johnson. Une deuxième mission d’un an, lancée en 2025, est toujours en cours au moment où l’appel à candidatures est publié : elle doit s’achever le 31 octobre.

Les enseignements tirés de ces mois d’isolement doivent servir à la sécurité et à la préparation opérationnelle des astronautes lors de futures missions à la surface d’autres corps planétaires. Ils pourraient aussi nourrir les plans d’une présence lunaire durable dans le cadre des missions Artemis, ainsi que le « Human Research Program » de la NASA, dont la mission est de maintenir les équipages en bonne santé et opérationnels.

Être citoyen américain, ou à défaut résident permanent légal des États-Unis : c’est la première condition, non négociable, pour espérer intégrer l’équipage. Il faudra ensuite répondre à des exigences physiques et éducatives précises, accepter un processus de sélection étalé sur plusieurs jours, puis réussir des évaluations physiques et psychologiques dont le détail figure sur la page dédiée au programme.

La NASA attend aussi des candidats un fort désir de vivre une expérience gratifiante et un intérêt réel pour contribuer à préparer les futurs séjours lunaires et la première mission humaine vers Mars. Les candidatures se déposent sur la page « NASA Analogs Recruiting » de l’agence.

Laisser un commentaire