Comment l’IA générative bouleverse le recrutement des moins de 30 ans

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Comment l’IA générative bouleverse le recrutement des moins de 30 ans © RSE Magazine

Depuis l’apparition de l’intelligence artificielle générative à la fin de 2022, les jeunes adultes âgés de 21 à 29 ans rencontrent des difficultés pour obtenir un CDI dans les secteurs les plus susceptibles d’être automatisés. Selon une étude de la Banque de France, environ 75 000 contrats à durée indéterminée ne sont pas signés chaque année par cette tranche d’âge, représentant une diminution de près de 30 % des embauches dans les secteurs affectés.

Impact variable selon les secteurs

Les métiers intellectuels, administratifs et créatifs sont particulièrement affectés par l’IA générative. Des fonctions telles que la rédaction, la traduction, le support client ou la création visuelle, autrefois confiées aux jeunes, sont partiellement prises en charge par des outils comme ChatGPT ou Midjourney. Les entreprises réduisent leurs effectifs en transférant ces tâches à des employés expérimentés.

Dans le domaine informatique, le recrutement des jeunes diplômés diminue. Les recruteurs privilégient désormais les développeurs seniors capables de gérer les IA et de superviser la production de code, limitant ainsi les opportunités pour les nouveaux entrants.

En revanche, les métiers manuels, les services à la personne et les professions de santé résistent mieux à l’automatisation. Ces secteurs, moins exposés, continuent d’offrir des opportunités aux jeunes actifs. L’accompagnement vers l’emploi demeure essentiel pour guider les candidats vers ces secteurs porteurs.

Une évolution discrète du marché du travail

L’étude de la Banque de France indique que ces changements se produisent sans licenciements massifs. Les entreprises ajustent leurs recrutements en limitant l’intégration de nouveaux profils au lieu de supprimer des postes existants. Ce phénomène reste discret car il touche principalement ceux qui n’ont pas encore intégré le marché du travail.

Pour les jeunes diplômés, la situation se complique. L’insertion professionnelle devient plus difficile, les contraignant à poursuivre leurs études, à accepter des emplois précaires ou à se tourner vers des secteurs moins qualifiés. Les conséquences à long terme sur les carrières et les salaires restent encore à évaluer.

Adapter la formation et l’accompagnement

Face à ces changements, les organismes de formation et d’emploi doivent adapter leurs programmes. Les universités et écoles professionnelles intègrent progressivement l’apprentissage de l’IA, mais un écart persiste avec les besoins du marché. Au-delà des compétences techniques, la capacité à superviser et enrichir les productions automatisées devient cruciale.

Les entreprises d’insertion et les structures d’accompagnement occupent une place centrale dans cette transition. Évaluer leur impact permet d’affiner les stratégies d’orientation et de soutenir les jeunes les plus vulnérables. Il ne s’agit plus seulement de former aux outils numériques, mais de préparer les jeunes à évoluer dans un environnement en constante transformation.

L’IA générative modifie en profondeur le travail intellectuel. Si elle offre des gains de productivité, elle complique l’accès à l’emploi pour toute une génération. Entreprises, pouvoirs publics et acteurs de la formation doivent anticiper ces évolutions pour éviter une fracture durable entre les générations sur le marché du travail.

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