Ils ont planté des milliers d’arbres dans le Sahara sans succès : puis 500 tortues ont fait ce que personne n’attendait, et le désert reverdissait vu de l’espace

Saviez-vous que 500 tortues sillonnées pourraient transformer le Sahel en oasis verdoyantes ?

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Ils ont planté des milliers d'arbres dans le Sahara sans succès : puis 500 tortues ont fait ce que personne n'attendait, et le désert reverdissait vu de l'espace
Ils ont planté des milliers d’arbres dans le Sahara sans succès : puis 500 tortues ont fait ce que personne n’attendait, et le désert reverdissait vu de l’espace © RSE Magazine

La région du Sahel, à la lisière sud du Sahara, subit depuis longtemps des conditions climatiques extrêmes. Les températures diurnes dépassent 60 °C avant de retomber la nuit, ce qui crée un milieu hostile : la croûte durcie du sol empêche l’eau de pluie de s’infiltrer et accélère la désertification. Un projet lancé en 2021 pourrait toutefois changer la donne. Il consiste à relâcher 500 tortues sillonnées pour rendre ces étendues arides un peu plus accueillantes pour la biodiversité.

L’intervention et ce qu’elle laisse entrevoir

En 2021, le long du bord sud du Sahara, des spécialistes de l’IUCN ont relâché 500 tortues sillonnées dans un paysage presque désertique, en partenariat avec le S.O.S. (Save Our Sulcata), raconte L’Internaute. Cette tortue, la plus grande d’Afrique, a été retenue parce qu’elle creuse des terriers profonds de 10 à 15 m.

Ces galeries percent la croûte du sol, laissent l’eau de pluie s’infiltrer et créent des conditions qui favorisent la germination des graines. Cinq ans plus tard, les images satellites montrent des taches vertes qui apparaissent dans le sable, signe que la méthode commence à fonctionner.

Ce que font vraiment les tortues

Le rôle des tortues ne se limite pas au creusement. En remuant le sol, elles en modifient la structure, améliorent sa capacité à retenir l’eau et installent un microclimat plus stable autour des entrées de terriers. Cela attire ensuite des insectes et des micro‑organismes, puis une couverture végétale plus dense finit par s’installer.

On les qualifie parfois d’« ingénieurs d’écosystème » : leur rôle écologique des tortues se rapproche de celui des espèces clés de voûte dans la restauration des terres. À mesure que la végétation progresse, d’autres espèces, oiseaux et petits vertébrés, viennent coloniser ces nouvelles oasis.

Un exemple local qui tient la route

Depuis 1992, le Village des Tortues à Noflaye, au Sénégal, accueille plus de 300 individus et soutient la conservation grâce à un programme d’élevage et de relâchement. Les suivis font état d’un taux de survie supérieur à 80 % sur quatre ans, ce qui confirme la viabilité de l’approche sur le long terme.

Ces bons résultats n’empêchent pas l’IUCN de classer toujours la tortue sillonnée comme En danger, face à la perte d’habitat, au changement climatique et à d’autres pressions d’origine humaine.

Vers une résilience écologique durable

Les premiers résultats sont encourageants, mais la réintroduction des tortues ne suffira pas à elle seule à stopper la désertification. Le succès dépend aussi de la pluviométrie, de la gestion foncière et de la stabilité politique.

Ce projet illustre l’intérêt des solutions écologiques intégrées. Il s’appuie sur des pratiques paysannes sahéliennes comme la méthode de la demi-lune, tout en agissant à plus grande échelle et dans la durée grâce aux tortues.

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