« Je fais ça depuis 8 ans et mes voisins pensent que je suis fou » : ce jardinier enterre une banane au printemps, ses tomates explosent

Une banane enterrée au pied des rosiers, et voilà des fleurs plus belles promises sur les réseaux sociaux. Mythe ou vraie astuce de jardinier ? La réponse tient en quelques règles simples à connaître avant de s’y mettre.

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« Je fais ça depuis 8 ans et mes voisins pensent que je suis fou » : ce jardinier enterre une banane au printemps, ses tomates explosent
« Je fais ça depuis 8 ans et mes voisins pensent que je suis fou » : ce jardinier enterre une banane au printemps, ses tomates explosent © RSE Magazine

Enterrer une banane entière, ou simplement ses peaux, au pied des massifs : la pratique gagne du terrain dans les potagers et circule beaucoup sur les réseaux sociaux. Présentée comme un geste zéro déchet, elle promet des rosiers plus fleuris et des tomates plus savoureuses, rapporte le magazine Maison et Travaux. Mais la banane n’a rien d’un engrais miracle : ses bénéfices sont réels, ses limites aussi.

La chair et la peau du fruit contiennent du potassium, du phosphore, du calcium et du magnésium. Le potassium soutient la floraison et la fructification, le phosphore favorise l’enracinement, tandis que le calcium renforce les parois cellulaires et aide les plantes à mieux résister aux stress.

En se décomposant, la matière organique nourrit aussi les micro-organismes du sol, qui se multiplient autour des morceaux de banane et améliorent la structure de la terre. Les vers de terre, attirés par cette source de nourriture, creusent des galeries qui aèrent le sol et facilitent le drainage.

Plusieurs guides de jardinage recommandent d’enterrer les bananes ou leurs peaux à une profondeur de 10 à 20 centimètres. Selon les services de l’université de Floride, la décomposition peut prendre cinq semaines ou plus selon la météo : aucun effet instantané n’est à attendre.

Ce délai coïncide avec le redémarrage de la croissance des rosiers, des tomates ou des courges, au moment où l’on travaille de toute façon le sol, ce qui facilite l’enfouissement sans abîmer un système racinaire déjà installé.

Les jardiniers ciblent surtout les plantes gourmandes en potassium : rosiers, tomates, arbres fruitiers, arbustes à baies, courgettes et autres cucurbitacées, vivaces à fleurs. Des témoignages évoquent des fleurs plus nombreuses ou des fruits plus fermes.

Un complément, pas un substitut au compost

Les services de l’université du Maryland rappellent que les déchets de cuisine utilisés seuls apportent rarement tous les éléments nécessaires à une plante. La banane enterrée doit donc rester un complément, associé à un sol déjà nourri en compost ou à une fertilisation organique équilibrée. Le site Greffe.fr conseille par ailleurs d’éviter les tas trop concentrés, qui peuvent fermenter, et de privilégier plusieurs petits dépôts espacés dans le jardin.

Dans la pratique, découper la banane ou les peaux en petits morceaux accélère la décomposition et limite les risques de fermentation. L’enfouissement doit se faire à 10 ou 20 centimètres de profondeur, bien recouvert de terre, en respectant une distance d’au moins 15 centimètres par rapport aux racines pour ne pas les brûler.

Cette technique se réserve à la pleine terre, pas aux pots ni aux jardinières, et sans dépasser une petite poignée par mètre carré. Mieux vaut aussi privilégier des bananes bio lavées, pour limiter les résidus de pesticides.

Comme le suggèrent l’UCANR (l’organisme agricole de l’université de Californie) et d’autres services de vulgarisation, il faut toujours compléter cet apport avec du compost. Un dernier point de vigilance concerne l’emplacement choisi : mieux vaut éviter les sols très humides ou les zones où chiens, renards ou rongeurs risquent de venir gratter la terre fraîchement retournée.

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