Cet iceberg géant dérive vers l’Antarctique avec des conteneurs maritimes sur le dos : les océanographes n’avaient jamais observé ça

Un bloc de glace de 500 mètres, 9 500 litres de diesel à bord, et une équipe scientifique prise de vitesse par un blizzard de 130 km/h. Comment sept conteneurs ont-ils fini perdus dans la mer de Weddell ?

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Cet iceberg géant dérive vers l'Antarctique avec des conteneurs maritimes sur le dos : les océanographes n'avaient jamais observé ça
Cet iceberg géant dérive vers l’Antarctique avec des conteneurs maritimes sur le dos : les océanographes n’avaient jamais observé ça © RSE Magazine

Un iceberg géant transportant sept conteneurs maritimes a été repéré dérivant au large de l’Antarctique, à proximité de la station allemande Neumayer III, installée sur une plateforme de glace. D’après Futura Sciences, le bloc mesure 500 mètres de long.

Les conteneurs avaient été déposés en janvier à quelques centaines de mètres du littoral glacé, en attendant l’arrivée d’un navire chargé notamment d’évacuer les déchets de la base. La station se trouve à environ 18 kilomètres de ce point de débarquement, utilisé pour acheminer et évacuer le matériel par voie maritime. Au moment de leur installation, aucune fissure ni crevasse n’avait été repérée dans la glace.

La cargaison comprenait un conteneur rempli de 9 500 litres de diesel arctique, quatre conteneurs de déchets non dangereux, un conteneur abritant un générateur et du carburant, ainsi qu’un conteneur servant d’abri aux équipes sur place.

Entre le 13 et le 20 janvier, un blizzard a frappé la région, avec des vents atteignant 130 km/h. Le 21 janvier, dès l’amélioration des conditions, une inspection a permis de découvrir qu’une portion de glace d’environ 500 mètres sur 300 mètres s’était détachée et avait dérivé dans la mer de Weddell, emportant l’ensemble des sept conteneurs avec elle.

Le Polarstern localise l’iceberg à 140 kilomètres de la station

Les autorités antarctiques allemandes avaient d’abord envisagé d’envoyer un avion pour retrouver la cargaison disparue. Mais dès le lendemain, le 22 janvier, l’équipage du brise-glace allemand Polarstern a repéré l’iceberg, dérivé à environ 140 kilomètres au sud-est du port de glace de Neumayer. Le navire a interrompu ses recherches scientifiques pour s’y rendre.

Des glaciologues ont évalué la stabilité du bloc avant d’autoriser une équipe à y accéder. Des hélicoptères ont permis de récupérer près d’une tonne de matériel, dont trois fûts contenant environ 580 litres de diesel arctique, ainsi que des bouteilles de gaz et des batteries. L’instabilité croissante de la glace a rendu toute nouvelle intervention trop risquée : les opérations ont été arrêtées le 25 janvier, laissant le reste de la cargaison sur place.

L’iceberg a été observé pour la dernière fois par satellite le 22 février. Les autorités estiment qu’il s’est ensuite fragmenté et que les conteneurs ont coulé.

Le diesel, principal risque pour le milieu marin

Selon les autorités allemandes, les quatre conteneurs de déchets domestiques n’auraient qu’un effet direct limité sur le milieu marin. Le conteneur de diesel arctique pose en revanche un problème plus sérieux : il aurait été endommagé lors de sa chute dans la mer, ou en coulant vers le fond, laissant échapper son contenu dans l’environnement.

Le diesel arctique est plus léger et plus volatil que le fioul lourd, ce qui favorise son évaporation. Mais les très basses températures de l’Antarctique ralentissent sa dégradation bactérienne dans l’eau ou la glace de mer, de sorte que le carburant pourrait y persister plus longtemps. Ses conséquences réelles restent difficiles à quantifier, les autorités jugeant qu’elles dépendent largement des conditions locales.

Les responsables ont indiqué avoir tiré des enseignements de l’incident. Les conteneurs seront désormais stockés à au moins 5 000 mètres du bord de la plateforme de glace, et des études glaciologiques supplémentaires porteront sur l’épaisseur et la consistance de la glace le long de l’itinéraire reliant la station au port maritime. Le rapport relatant l’incident a été présenté lors de la réunion annuelle du Traité sur l’Antarctique, achevée un jeudi à Hiroshima, au Japon.

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