ESS France lance la marque « ESS – L’économie en mieux » pour plus de visibilité

Le lancement de « ESS – L’économie en mieux » s’inscrit dans une tendance plus large : la recherche de repères fiables dans un paysage RSE de plus en plus dense.

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ESS France lance la marque « ESS – L’économie en mieux » pour plus de visibilité © RSE Magazine

ESS France a présenté, le 23 juin 2026, une marque collective destinée à identifier les acteurs de l’économie sociale et solidaire : « ESS – L’économie en mieux ». Objectif : rendre plus lisible un modèle économique présent dans le quotidien des Français, mais encore mal identifié par le grand public, les entreprises et les acheteurs.

Associations, coopératives, mutuelles, fondations, sociétés commerciales de l’ESS : toutes ces structures relèvent d’un même champ, celui de l’économie sociale et solidaire. Pourtant, cette appartenance reste souvent peu visible. C’est précisément à cette difficulté d’identification qu’entend répondre ESS France avec le lancement de la marque « ESS – L’économie en mieux ».

Présentée comme une bannière commune, cette marque vise à donner un signe de reconnaissance partagé aux organisations de l’ESS. Elle prend la forme d’un logo pouvant être utilisé sur différents supports : sites internet, documents institutionnels, affiches, vitrines, signatures de mail, supports de communication ou encore campagnes de sensibilisation.

Une marque pour répondre à un déficit de lisibilité

L’économie sociale et solidaire occupe une place importante dans l’économie française. ESS France rappelle qu’elle représente 2,7 millions de salariés, 147 000 entreprises employeuses, plus de 200 000 établissements employeurs et un emploi sur dix. Elle intervient dans des domaines aussi variés que la santé, l’alimentation, le logement, la finance, l’accompagnement du grand âge, le sport, la culture ou l’action sociale.

Ce poids économique et social contraste avec une visibilité encore limitée. Beaucoup de citoyens fréquentent quotidiennement des structures de l’ESS sans les identifier comme telles. Une mutuelle, une association d’aide à domicile, une coopérative agricole, une banque coopérative, une fondation ou un club sportif peuvent relever du même modèle, sans que ce lien soit immédiatement perceptible.

La marque « ESS – L’économie en mieux » cherche donc à créer un repère simple. Elle doit permettre au public de reconnaître plus facilement les organisations dont le fonctionnement repose sur des principes spécifiques : utilité sociale ou intérêt collectif, gouvernance démocratique, lucrativité encadrée et réinvestissement d’une part significative des bénéfices dans le projet de la structure.

Que signifie « ESS – L’économie en mieux » ?

La signature choisie par ESS France porte une promesse forte : celle d’une économie qui ne se définit pas seulement par son activité, mais aussi par la manière dont elle produit, gouverne, répartit la valeur et répond aux besoins sociaux.

Le « mieux » mis en avant par la marque ne renvoie pas à une supériorité automatique des produits ou services. Il désigne plutôt une façon différente d’entreprendre : une gouvernance moins centrée sur le capital, une finalité tournée vers l’utilité collective, une lucrativité limitée et un ancrage dans les territoires.

C’est un point essentiel. La marque n’est pas un label de qualité produit, ni une certification environnementale ou sociale. Elle ne garantit pas qu’un service ou un produit donné soit meilleur qu’un autre. Elle indique que l’organisation qui l’utilise relève de l’économie sociale et solidaire et s’inscrit dans une démarche collective portée par ESS France.

Qui peut utiliser cette marque ESS ?

L’usage de la marque est encadré. Il s’adresse aux organisations appartenant au périmètre juridique de l’ESS, tel que défini par la loi du 31 juillet 2014. Cela inclut les grandes familles historiques du secteur — associations, coopératives, mutuelles, fondations — ainsi que les sociétés commerciales de l’ESS répondant aux conditions prévues par la loi.

Pour adopter la marque, les structures doivent respecter plusieurs conditions : relever du champ de l’ESS, adhérer aux principes de la Déclaration d’engagement de l’ESS, accepter le règlement d’usage et appliquer la charte graphique. L’utilisation du logo est gratuite, mais elle suppose de respecter des règles précises.

Le logo ne peut pas être utilisé seul comme s’il remplaçait l’identité de l’organisation. Il doit être associé à la marque, au nom ou au signe distinctif de l’utilisateur. L’objectif est d’éviter toute confusion : la marque ESS identifie l’appartenance à un mode d’entreprendre, elle ne se substitue pas à la responsabilité propre de chaque structure.

Un outil pour les achats responsables

Pour les directions RSE, les acheteurs publics et les acheteurs privés, cette marque peut devenir un outil de repérage. L’ESS est déjà présente dans de nombreux marchés : restauration collective, inclusion professionnelle, services à la personne, mobilité, réemploi, finance solidaire, événementiel responsable, sport, culture ou économie circulaire.

La difficulté tient souvent à l’identification des fournisseurs. Dans une politique d’achats responsables, les entreprises cherchent à intégrer des critères sociaux, environnementaux et territoriaux. Mais encore faut-il pouvoir repérer les acteurs capables d’y répondre. En rendant l’appartenance à l’ESS plus visible, la nouvelle marque peut faciliter le sourcing et renforcer la place des structures de l’ESS dans les chaînes de valeur.

C’est aussi un levier pour les collectivités. Les acteurs publics peuvent valoriser les organisations utilisatrices de la marque sur leur territoire, favoriser leur mise en réseau et mieux orienter les citoyens ou les entreprises vers des solutions relevant de l’économie sociale et solidaire.

Une campagne grand public en cinq univers

Pour accompagner ce lancement, ESS France déploie une campagne de communication articulée autour de cinq thématiques : alimentation, finance, partage, santé et sport. Chaque déclinaison cherche à montrer concrètement ce que l’ESS apporte dans la vie quotidienne.

La mécanique retenue repose sur une idée simple : « Tu préfères… ? » suivie d’une invitation à « mieux » consommer, investir, partager, prendre soin ou jouer collectif. Le choix éditorial consiste à sortir d’un discours institutionnel pour montrer l’ESS à travers des situations concrètes.

Cette approche répond à un défi récurrent du secteur : parler de principes parfois abstraits — gouvernance démocratique, lucrativité limitée, utilité sociale — à partir d’usages familiers. L’objectif est de faire comprendre que l’ESS ne se situe pas en marge de l’économie, mais dans des actes ordinaires : se nourrir, se soigner, épargner, se loger, faire du sport, accompagner des proches, se déplacer ou coopérer.

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