Le taux de recyclage des plastiques en France atteignait 29 % en 2024, selon l’indicateur officiel de la filière. Un chiffre qui masque une réalité plus modeste : la part de plastique réellement transformée en nouvelle matière avoisinerait plutôt 26 %.
Chaque Français jette près de 70 kilos d’emballages plastiques par an. À peine un tiers de ce tonnage serait réellement recyclé.
Un ratio qui compte le collecté, pas le transformé
L’indicateur officiel se définit comme le rapport entre le tonnage de plastiques collectés pour recyclage et le tonnage mis sur le marché la même année. Le terme central est collecté, pas transformé.
Entre la collecte et la transformation effective, une partie du gisement se perd : refus de tri, contamination, matériaux trop complexes à séparer. Les méthodes de comptage diffèrent en outre selon qu’on parle de collecte, de tri, de recyclage matière, d’exportations ou de valorisation énergétique. Cela explique que plusieurs chiffres circulent selon le périmètre retenu : 23 %, 24 % ou 32 %.
Cet indicateur repose par ailleurs sur des déclarations des éco-organismes de la filière, pas sur des mesures directes. On additionne des tonnages annoncés plutôt que des plastiques réellement pesés en sortie d’usine.
Le grand écart entre bouteilles et barquettes
Ce taux moyen masque des situations très différentes selon les emballages. Les bouteilles et flacons, faits de PET et de PEHD, affichent un taux de recyclage de 54,5 %. Les films, barquettes et pots de yaourt, eux, plafonnent à 7,5 %.
Une partie des déchets plastiques français ne reste pas sur le territoire : elle part à l’exportation, parfois vers des pays tiers lointains. Son destin final reste flou, entre recyclage effectif sur place, décharges à ciel ouvert et incinération. Les données sur ces flux, comme sur les quantités produites, restent imprécises, partielles et dispersées.
Le choix méthodologique retenu a été de privilégier les taux de recyclage réalisés sur le territoire national. Une méthode jugée prudente, qui tend à sous-évaluer le taux réel, mais qui évite de comptabiliser comme recyclé ce qui a simplement changé de continent. L’idée d’une gouvernance des données confiée à une entité publique garante de leur transparence est évoquée.
La valorisation énergétique, c’est-à-dire l’incinération des déchets pour produire chaleur ou électricité, est parfois intégrée dans les bilans comme si elle relevait du recyclage. Or brûler du plastique le fait disparaître en fumée, avec seulement un peu d’énergie récupérée. Certains programmes présentés comme vertueux voient ainsi leurs matériaux finir brûlés en cimenterie.
La loi impose malgré tout d’orienter au moins 5 % des contributions vers un fonds réemploi.
Un bilan sur le recyclage des emballages ménagers et des papiers graphiques pour l’année 2025, publié le 18 juin 2026, table sur une progression portée par l’engagement conjoint des entreprises, des collectivités locales et des citoyens.
75 % des emballages en plastique sont désormais recyclables, une progression de 10 points par rapport à 2020. Chaque habitant a trié en moyenne 71,5 kg d’emballages et de papiers, dont 61,4 kg d’emballages ménagers, soit 1,4 kg de plus qu’en 2024, et 10,1 kg de papiers graphiques.
Le taux de recyclage des emballages, toutes matières confondues, atteignait 73 % fin décembre 2025, pour un volume de 3,8 millions de tonnes recyclées dans le périmètre Citeo et Adelphe, soit 3,2 millions de tonnes de CO2 évitées, l’équivalent de 1,5 million de voitures en circulation en moins.
Le détail par matériau reste très inégal : l’acier atteint 100 %, le verre 88 %, le papier-carton 83 %, l’aluminium 43 % et le plastique seulement 30 %.
Les papiers graphiques, de leur côté, affichent un taux de recyclage de 75 %, pour 667 000 tonnes recyclées. La part de matières premières recyclées incorporée dans les emballages ménagers en plastique atteint 17 %, en hausse de quatre points depuis 2021. Au total, 99 % des emballages et papiers triés sont recyclés dans des usines situées en France et en Europe.
Le chiffre affiché n’est pas un mensonge, mais un raccourci qui mélange des réalités différentes. Le tri reste utile, mais insuffisant tant que les définitions du mot recyclage resteront élastiques.
La moyenne européenne du recyclage des plastiques frôle, elle, les 40,7 %.


