Entre activistes écologistes et industriels, le dialogue est rompu

Les entreprises choisissent souvent de ne pas répondre publiquement, considérant que le débat est biaisé et potentiellement dommageable.

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Entre activistes écologistes et industriels, le dialogue est rompu | RSE Magazine

Aux critiques constantes des ONG sur les impacts environnementaux des entreprises, s’ajoute un silence stratégique des industriels, qui choisissent souvent de ne pas répondre à des attaques jugées idéologiques ou infondées. Pourtant, à l’heure où l’industrie entame une mutation profonde pour répondre aux critères des Accords de Paris, la collaboration entre ces deux mondes est essentielle.

Des critiques destructrices

Les ONG, telles que Greenpeace ou Sherpa, se sont imposées comme des contre-pouvoirs influents, dénonçant les impacts sociaux et environnementaux des grandes entreprises. Ces critiques prennent souvent la forme de campagnes médiatiques virulentes ou de poursuites judiciaires. 

Greenpeace a mené une campagne mondiale contre l’industrie automobile, accusée de retarder la transition énergétique. Or, elle ciblait spécifiquement les constructeurs européens, responsables selon elle de « l’inaction climatique ». Pourtant, les industriels chinois sont loin d’être plus vertueux. Sherpa quant à elle, spécialisée dans les litiges juridiques, a intenté des poursuites contre des groupes industriels français pour corruption ou violations des droits humains à l’étranger, affectant leur image et leurs contrats internationaux.

Le silence stratégique des industriels

Ces actions ont des conséquences lourdes pour les entreprises. Ainsi, TotalEnergies, souvent attaquée pour ses projets pétroliers, a vu plusieurs appels d’offres annulés en Afrique en raison de sa mauvaise réputation internationale.

Face à ces attaques, les entreprises choisissent souvent de ne pas répondre publiquement, considérant que le débat est biaisé et potentiellement dommageable. Cette stratégie de silence, bien qu’efficace pour éviter l’escalade médiatique, a ses limites. Les ONG peuvent nourrir leur argumentaire sur une image d’industries inflexibles et réfractaires au changement. Ce repli stratégique alimente une méfiance mutuelle, chaque camp percevant l’autre comme un adversaire irréconciliable.

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