Une équipe d’explorateurs travaillant au large de la côte occidentale de Cuba affirme avoir découvert ce qu’elle pense être les ruines d’une cité submergée, construite il y a des milliers d’années. Des chercheurs d’une société canadienne ont utilisé un équipement sonar sophistiqué pour localiser et filmer des structures en pierre situées à plus de 650 mètres sous la surface de la mer, au large de la pointe de la péninsule de Guanahacabibes.
Un explorateur de la société Advanced Digital Communications (ADC) a confié à l’agence de presse Reuters qu’il s’agissait d’une structure vraiment merveilleuse qui ressemblait vraiment à ce qui aurait pu être un grand centre urbain, mais qu’il serait totalement irresponsable de dire ce que c’était avant d’avoir des preuves.
Les premiers signaux inhabituels remontent à 2000, lorsque l’équipement de scanning de la société canadienne a commencé à produire des images de formes géométriques régulières, alignées selon des axes orthogonaux. L’organisation spatiale rappelait celle de rues et de blocs délimités, selon un membre de l’équipe cité par la BBC.
En juillet 2001, les chercheurs sont retournés sur le site avec un robot téléopéré capable de filmage sous-marin très avancé. Les images ont confirmé la présence d’énormes blocs lisses, à l’apparence de granit taillé, certains en forme de pyramides, d’autres circulaires.
Deux hypothèses de datation qui s’affrontent
Une première estimation, formulée avec de grandes réserves par les chercheurs d’ADC, situe l’âge des structures à 6 000 ans, soit 1 500 ans avant les grandes pyramides d’Égypte. Une telle datation supposerait que des populations caribéennes préhistoriques maîtrisaient déjà des techniques de construction monumentale.
Le géologue Manuel Iturralde, du Musée d’histoire naturelle de Cuba, avance un chiffre bien plus élevé. Dans un entretien accordé à National Geographic, il estime que la profondeur du site trahirait un âge de l’ordre de 50 000 ans, antérieur à l’apparition connue de constructions complexes.
Le même Iturralde n’écarte pourtant pas une explication géologique : « La nature est capable de produire des structures qui semblent taillées », relève-t-il, évoquant des mécanismes d’érosion, de fracturation et de sédimentation susceptibles de façonner ces blocs sans intervention humaine.
Faute de données géologiques et archéologiques déterminantes, aucune conclusion scientifique n’a été établie. L’absence d’échantillons physiques et de relevés tridimensionnels détaillés empêche toute analyse pétrographique ou morphologique approfondie, et donc de trancher entre une origine naturelle ou artificielle. La dernière expédition majeure sur le site remonte à 2005.
Depuis, le flou scientifique laisse le champ libre aux spéculations, jusqu’à celles qui relient ces blocs au mythe de l’Atlantide. Seules de futures campagnes associant géologues, archéologues sous-marins et spécialistes de l’imagerie sonar pourraient lever l’incertitude.
ADC figure parmi quatre entreprises engagées dans une coentreprise avec le gouvernement du président Fidel Castro pour explorer les eaux cubaines, qui abritent des centaines de navires chargés de trésors datant de l’époque coloniale espagnole. Les chercheurs prévoyaient de débuter une analyse approfondie du site en janvier 2002.
Si les premières analyses venaient à confirmer une origine humaine, la découverte pourrait contraindre les historiens à réécrire un pan entier de l’Histoire. L’équipe d’ADC, elle, s’était refusée à trancher tant que les preuves manquaient.




