Bertrand Franchise accélère sa RSE de l’assiette au restaurant

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Bertrand Franchise accélère sa RSE de l’assiette au restaurant
© Bertrand Franchise

Décarbonation des restaurants, provenance des approvisionnements, transition agroécologique, offre végétarienne, pêche durable, réemploi, gaspillage alimentaire ou encore inclusion : le groupe de restauration Bertrand Franchise déploie une feuille de route RSE qui touche à la fois l’assiette, les bâtiments et son réseau.

Bertrand Franchise réduit ses émissions de gaz à effet de serre et son empreinte carbone

Bertrand Franchise, groupe de restauration rassemblant onze marques, parmi lesquelles Burger King France, Au Bureau, Hippopotamus, Léon, Volfoni, Pitaya ou Le Paradis du Fruit (1.200 restaurants en tout, pour 3 milliards d’euros de ventes) affiche ses réalisations en matière de RSE. L’entreprise dit avoir choisi des fondamentaux communs : soutenir les filières françaises, faire évoluer l’offre vers des modèles moins carbonés, exploiter des restaurants plus sobres et renforcer les compétences comme l’inclusion.

La décarbonation constitue l’un des axes les plus mesurés de la démarche. Bertrand Franchise indique avoir structuré dès 2020 sa stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour Burger King France, l’objectif consiste à diminuer de 50% l’empreinte carbone moyenne par restaurant d’ici 2030 par rapport à 2019. Pour les autres marques, la cible est une réduction de 25% d’ici 2030 par rapport à 2023.

Les premiers résultats revendiqués sont substantiels. Chez Burger King France, les émissions de GES par restaurant ont diminué de 27% entre 2019 et 2025. Pour les autres enseignes du périmètre, le recul atteint 10% entre 2023 et 2025. Ces données placent désormais la question carbone au niveau de l’exploitation quotidienne des établissements, et pas seulement dans les engagements à long terme.

Le bâtiment constitue un autre levier. Depuis 2025, le groupe déploie un format de restaurant plus compact qui réduit d’environ 25% l’empreinte carbone liée à la construction. Ce format représentait déjà un quart des ouvertures réalisées chez Burger King France en 2025. La même année, les trois quarts des nouveaux établissements de Bertrand Franchise ont été implantés sur des terrains déjà artificialisés et un tiers des projets a conservé tout ou partie d’une structure existante.

La sobriété passe également par l’énergie. Dans les restaurants exploités en propre, Burger King France affiche une baisse de 14,6% de sa consommation entre 2022 et 2025. Dans les autres marques du groupe, la consommation énergétique par mètre carré aurait diminué de 31% depuis 2019. Le groupe vise désormais 100% d’électricité renouvelable dans ses restaurants succursales en 2030, contre 7% en 2025.

Provenance, approvisionnements et transition agroécologique au cœur des filières

Le poids de l’alimentation dans l’empreinte globale explique une grande partie des choix opérés en amont. La production des ingrédients issus des matières premières agricoles représente près des trois quarts de l’empreinte carbone du groupe. La provenance et les approvisionnements deviennent donc des variables centrales de sa stratégie environnementale.

En 2025, Bertrand Franchise indique avoir réalisé 500 millions d’euros d’achats auprès de distributeurs, fournisseurs agroalimentaires, éleveurs et agriculteurs français. Pour les marques Bertrand Casual Food, 80% du bœuf, 86% du poulet de chair, 71% du pain et 100% du lait étaient français en 2025. Chez Hippopotamus, cette proportion atteignait 89% pour la viande bovine et 100% pour le poulet. Burger King France affirme de son côté que 80% de ses achats en volume dans quatre filières principales, bœuf, poulet, pomme de terre et buns, proviennent de l’agriculture et de l’élevage français.

L’origine n’est toutefois qu’une composante de la politique annoncée. Pour le poulet des enseignes Bertrand Casual Food, 75% des approvisionnements provenaient en 2025 de la filière française Nature d’Éleveurs. Le groupe met également en avant le financement de pratiques agricoles régénératrices et de projets de transition agroécologique. Depuis 2019, 16 élevages français ont été soutenus et près de 4.900 tonnes de CO2e auraient été évitées ou réduites grâce à des crédits certifiés Label Bas-Carbone. Le programme, mené avec Agoterra, finance notamment la réduction des intrants, l’évolution de l’alimentation animale ou le stockage de carbone dans les sols.

La stratégie s’étend à d’autres filières. En 2025, Burger King France a utilisé 300.000 litres de lait issus de « C’est qui le Patron ?! » dans ses boissons chaudes et vendu 290.000 litres de nectar de pomme provenant de la même démarche. Le partenariat franchit une nouvelle étape à l’automne 2026 : 300 tonnes de pommes Golden, représentant environ 3 millions de sachets, doivent alimenter les menus enfants à partir du 28 octobre 2026. Les producteurs concernés doivent percevoir 0,80 euro par kg.

Sur les produits animaux, Bertrand Franchise indique par ailleurs que 93% des œufs utilisés par ses marques Casual Food provenaient de poules élevées en plein air en 2025. Pour la pêche durable, le groupe affirme que tous les poissons sauvages destinés aux fish & chips sont désormais issus de filières durables, tandis que le poisson utilisé dans les burgers de Burger King France bénéficie d’une certification MSC.

Saisonnalité, offre végétarienne et déchets réemployables

Agir sur l’assiette suppose aussi de modifier les cartes. Bertrand Franchise mise notamment sur l’offre végétarienne et la diversification des protéines. Chez Volfoni, les plats végétariens représentent 35% des ventes. Chez Au Bureau, cette part atteint 10%, et tous les burgers peuvent désormais être commandés en version végétarienne. À l’échelle de Bertrand Casual Food, un quart des références salées inscrites à la carte sont végétariennes, tandis que Burger King France commercialise cinq références permanentes de burgers ou wraps veggie.

Le poulet est parallèlement présenté comme un levier de diversification par rapport aux protéines plus carbonées. Il représentait 27% des ventes de burgers et wraps de Burger King France en 2025, contre 19% en 2019. Chez Pitaya, sa part atteignait jusqu’à 50% des ventes. Pour les fruits et légumes frais, les marques Bertrand Casual Food disent également avoir intégré la saisonnalité à la construction de leurs cartes.

Le deuxième chantier concerne les déchets. Bertrand Franchise travaille avec ses fournisseurs pour diminuer les emballages, réduire le nombre de composants, limiter les plastiques et améliorer la recyclabilité. Le groupe cite notamment la suppression du plastique pour le conditionnement des crudités et fruits des menus enfants de Burger King France, ainsi que l’utilisation de cagettes de livraison réemployables pour les buns.

Dans les restaurants Burger King France et Pitaya, le remplacement des emballages à usage unique par de la vaisselle réemployable pour la consommation en salle permettrait d’éviter en moyenne 2,2 tonnes de déchets par établissement et par an. La politique d’éco-conception est désormais inscrite dans une charte d’achats responsables comprenant un volet de prévention des pollutions, intégrée aux nouveaux contrats fournisseurs depuis 2026.

Le gaspillage alimentaire fait, lui aussi, l’objet d’une approche opérationnelle. Des audits ont été conduits dans six marques en 2025 et 2026 afin d’identifier les pertes aux différentes étapes de production. Les biodéchets restants doivent être valorisés par compostage ou méthanisation. En complément, Burger King et Pitaya testent un outil utilisant l’intelligence artificielle afin d’anticiper les quantités d’ingrédients nécessaires au service. Par ailleurs, une plateforme est en expérimentation permettant aux franchisés de remettre en circulation du mobilier et des équipements lors des rénovations.

Achats responsables, inclusion et formation : la RSE se joue aussi dans le réseau

La dimension sociale occupe un volet important du dispositif. Bertrand Franchise revendique près de 45.000 emplois sous enseigne et 5.300 collaborateurs dans ses succursales et au siège, dont 90% de permanents. Chaque établissement générerait près de 30 emplois équivalent temps plein directs et soutiendrait près de 40 emplois supplémentaires dans sa chaîne de valeur.

La promotion interne sert également d’indicateur. En 2025, 71% des postes à responsabilité pourvus chez Burger King France l’ont été par cette voie. Le groupe se fixe par ailleurs une cible de 80% en 2030. Pour les autres marques, le taux s’établit à 46%, et l’objectif à 60% en 2030.
L’inclusion du handicap est pilotée par une Mission Handicap dédiée. Au 31 décembre 2025, 359 collaborateurs en situation de handicap travaillaient dans les succursales et au siège. Le taux atteignait 7,7% chez Hippopotamus. En 2025, le groupe a également constitué 122 duos dans le cadre de DuoDay afin de faire découvrir ses métiers.

Enfin, la transformation doit être diffusée dans un réseau très décentralisé. Bertrand Franchise utilise pour cela une Fresque de la Restauration développée avec Hazelle afin de faire travailler les participants sur les impacts de l’agriculture, de la logistique, du restaurant et du client, puis sur les leviers d’action. En 2026, 15% des collaborateurs des fonctions support avaient déjà été formés. Le groupe vise un déploiement auprès de tous les franchisés et collaborateurs du siège d’ici 2028 et une formation de 100% des franchisés Burger King France d’ici fin 2026. Christophe Gaschin, directeur général du Groupe Bertrand et de Bertrand Franchise, résume ainsi l’approche : « Notre responsabilité est de donner à chacun les moyens d’agir ».

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