Remettre l’agentivité au cœur des accompagnements RH

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Sortir d’une logique uniquement réparatrice

Les cabinets RH sont aujourd’hui confrontés à une réalité nouvelle : les organisations n’attendent plus seulement des diagnostics ou des dispositifs correctifs. Elles cherchent aussi des démarches capables d’aider les personnes à retrouver prise sur leur situation.C’est ici que la notion d’agentivité devient particulièrement féconde. Elle désigne la capacité d’une personne à se percevoir comme capable de comprendre ce qu’elle vit, de se projeter et d’agir. Il ne s’agit ni de nier les contraintes, ni de renvoyer chacun à une responsabilité individuelle excessive. Il s’agit, au contraire, de redonner une place active au sujet dans l’accompagnement.Autrement dit, l’objectif n’est plus seulement d’identifier ce qui ne va pas, mais de permettre à la personne de redevenir partie prenante de son évolution.

Une évolution majeure pour les cabinets RH et une lecture pleinement compatible avec la RSE

L’accompagnement concerne directement les cabinets RH, notamment dans les domaines de la mobilité, de l’outplacement, de la prévention des risques psychosociaux ou de l’accompagnement des transitions. Dans toutes ces situations, la question n’est pas seulement de sécuriser un parcours : elle est aussi d’aider une personne à reconstruire une capacité de projection. Cela suppose une évolution de posture. Le consultant n’est plus uniquement celui qui analyse, recommande ou rassure. Il devient aussi celui qui facilite une réappropriation : mise en mots du vécu, clarification des besoins, repérage de leviers d’action, projection dans une suite possible. Pour les cabinets, cette évolution constitue un vrai enjeu de différenciation. Elle permet de proposer des accompagnements plus impliquants, plus lisibles et plus durables, en cohérence avec les attentes actuelles des entreprises en matière de prévention et de responsabilité sociale. Dans une logique RSE, prendre soin des personnes ne consiste pas seulement à multiplier les dispositifs. Cela suppose aussi de créer les conditions d’une autonomie réelle et progressive. Une politique responsable reconnaît les fragilités, mais elle soutient également les capacités. C’est pourquoi l’agentivité mérite de trouver toute sa place dans les pratiques RH. Elle ouvre la voie à un accompagnement qui ne se contente pas d’assister, mais qui aide chacun à redevenir acteur.Et si la prochaine étape du bien-être en entreprise consistait moins à ajouter de nouveaux dispositifs qu’à mieux soutenir la capacité des personnes à se comprendre, se projeter et agir ?

Signature : Jean-Louis FERREIN Directeur d’Adelphis, fondateur d’ECOCIP : auteur de « L’Intelligence Projective – Observer, Projeter, Réaliser » – VA Editions 2025.

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