Ces derniers temps, l’idée qu’une journée sur Terre puisse finir par durer 25 heures fait parler d’elle. Même si certains titres laissent penser que c’est pour bientôt, la réalité est beaucoup plus nuancée : le phénomène existe, mais il se déroule sur des échelles de temps bien plus longues que la vie humaine. À cause des interactions gravitationnelles entre la Terre et la Lune, la rotation de la Terre ralentit légèrement, mais ça reste indétectable à court terme pour la plupart d’entre nous.
Comment la Terre ralentit sa rotation
La clé pour saisir le phénomène, c’est la différence entre un jour solaire (24 heures) et un jour sidéral, un peu plus court. C’est surtout l’allongement du jour solaire qui nous intéresse ici.
La cause principale, c’est l’interaction Terre-Lune. La Lune s’éloigne progressivement de la Terre. Ces renflements ne sont pas parfaitement alignés avec la position de la Lune, ce qui crée une friction entre la Terre et la Lune. Cette friction entraîne une perte d’énergie de rotation : la durée du jour s’allonge très lentement et la Lune s’éloigne progressivement de la Terre, avec des conséquences sur la Terre.
On mesure tout ça en comparant des horloges atomiques ultra-précises avec des observations astronomiques. En plus, les enregistrements historiques d’éclipses servent à reconstituer l’évolution de cette lente dérive. Des organismes comme la NASA, le National Institute of Standards and Technology (NIST) et l’International Earth Rotation and Reference Systems Service (IERS) suivent ces phénomènes et publient des mises à jour régulières.
Ce qu’on observe et qui suit ça
Les preuves combinent méthodes modernes et sources historiques. D’un côté, les comparaisons entre horloges atomiques et observations astronomiques détectent de très légers changements. De l’autre, les données d’éclipses servent de repères anciens pour suivre l’évolution du temps terrestre. Des institutions telles que la NASA et le U.S. Naval Observatory utilisent ces données pour évaluer les variations.
Depuis 2020, on a aussi observé des phases d’accélération (des journées plus courtes), avec des records récents : la diminution a atteint 1,66 millisecondes le 5 juillet 2024. Des universités comme l’Université de Toronto et des astrophysiciens comme Normand Murray et Graham Jones contribuent activement aux recherches. De nombreuses études paraissent dans des revues spécialisées, notamment Science Advances.
Ce que ça pourrait changer et à quoi s’attendre
L’idée d’une journée de 25 heures est séduisante, mais elle se situe à l’échelle d’environ 200 millions d’années. Les effets sur l’humanité sont donc surtout scientifiques plutôt que pratiques pour nos vies actuelles. À court terme, des ajustements comme l’ajout de secondes intercalaires permettent de garder le temps civil en phase avec la rotation terrestre.
Selon Graham Jones, les prochaines journées susceptibles d’être les plus courtes pourraient tomber autour du 9 juillet 2025, du 22 juillet 2025 ou du 5 août 2025. Cela montre qu’il vaut la peine de suivre de près ces petites fluctuations.



