Depuis 1946, la NSW a introduit le buisson bitou sud-africain pour fixer les dunes de sable côtières, mais des décennies après, il a colonisé 46 % du littoral et menace les écosystèmes locaux

Une plante censée sauver des dunes australiennes a fini par coloniser 46 % du littoral et menacer 157 espèces végétales. Comment ce sauvetage écologique s’est-il transformé en catastrophe ?

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Depuis 1946, la NSW a introduit le buisson bitou sud-africain pour fixer les dunes de sable côtières, mais des décennies après, il a colonisé 46 % du littoral et menace les écosystèmes locaux
Depuis 1946, la NSW a introduit le buisson bitou sud-africain pour fixer les dunes de sable côtières, mais des décennies après, il a colonisé 46 % du littoral et menace les écosystèmes locaux © RSE Magazine

À partir de 1946, l’État australien de Nouvelle-Galles du Sud a planté la bitou bush, une plante sud-africaine, le long de son littoral pour stabiliser des dunes de sable. L’opération, menée jusqu’en 1968, répondait à un objectif précis : cette plante poussait vite et retenait efficacement le sable meuble. Des documents gouvernementaux de l’époque évoquent aussi son usage pour revégétaliser des zones abîmées par l’extraction minière de sable côtier.

Plus tard, le bilan s’est retourné contre son intention initiale.

Une invasion qui s’étend sur 46 % du littoral

La bitou bush, dont le nom scientifique complet est Chrysanthemoides monilifera subsp. rotundata, colonise désormais 46 % du littoral de l’État, selon le département NSW Environment and Heritage. Dans certaines zones, des infestations pénètrent jusqu’à 10 kilomètres à l’intérieur des terres. La côte nord est particulièrement touchée. La propagation tient à la fois aux plantations d’origine et à une expansion naturelle.

La plante forme des peuplements denses, capables d’envahir des communautés végétales déjà installées plutôt que de simplement occuper des espaces vides. Elle a ainsi modifié le visage de certaines dunes, promontoires et autres habitats côtiers. Comme le résume NSW Environment and Heritage dans un communiqué : « La principale préoccupation environnementale n’est pas simplement la présence d’un arbuste introduit, mais ce qui se passe lorsqu’il devient dominant ».

Le NSW Bitou Threat Abatement Plan a dressé la liste des dégâts potentiels : 157 espèces végétales indigènes, trois populations végétales et 24 communautés écologiques sont menacées par l’invasion de la bitou bush et du boneseed, une plante apparentée également originaire d’Afrique du Sud.

Vingt-quatre espèces animales indigènes sont elles aussi exposées. Face à ce constat, le NSW Scientific Committee a classé l’invasion comme un processus de menace clé affectant la flore et la faune indigènes, estimant que « L’invasion des communautés végétales indigènes par le chrysanthémoïde (bitou bush) et le chrysanthémoïde à feuilles de peuplier (boneseed) constitue une menace majeure pour la flore et la faune indigènes. ».

169 sites prioritaires sous surveillance

La réponse institutionnelle s’est structurée au fil des décennies. En 2000, la bitou bush et le boneseed ont été classés collectivement comme mauvaises herbes d’importance nationale. NSW a ensuite développé un plan de lutte qui concentre les efforts là où l’élimination profite le plus aux espèces menacées et aux communautés écologiques : 169 sites prioritaires ont été identifiés, complétés par des zones de confinement au nord et au sud destinées à limiter la propagation.

Ces programmes mobilisent des agences gouvernementales, des autorités locales, des groupes communautaires, des groupes aborigènes, des gestionnaires de terres et des restaurateurs de milieux naturels. En vertu du NSW Biosecurity Act 2015, des exigences spécifiques s’appliquent : l’éradication est désormais exigée dans les zones situées au nord de Cape Byron et au sud de Point Perpendicular, tandis que la distribution côtière centrale fait l’objet de mesures de confinement plutôt que d’éradication totale.

L’histoire de la bitou bush illustre comment une espèce introduite pour résoudre un problème environnemental peut en créer un autre, en dépassant largement le rôle pour lequel elle avait été choisie. Le défi reste de contenir sa progression tout en restaurant, parcelle après parcelle, la végétation et les habitats qu’elle a remplacés.

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