Ces abeilles tueuses qui envahissent les États-Unis sont nées d’une erreur de laboratoire

Saviez-vous que plus de 1 000 personnes ont perdu la vie à cause des abeilles africanisées depuis leur évasion en 1957 ?

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Ces abeilles tueuses qui envahissent les États-Unis sont nées d'une erreur de laboratoire
Ces abeilles tueuses qui envahissent les États-Unis sont nées d’une erreur de laboratoire © RSE Magazine

Dans les années 1950, un projet brésilien cherchait à augmenter la production de miel dans l’Amazonie. Ce décor de rêve pour les amoureux de la biodiversité a fini, après un accident, par déclencher une révolution apicole inattendue. Tout commence avec Warwick Estevam Kerr, un généticien de renom impliqué dans un projet dirigé par le gouvernement brésilien. L’idée ? Obtenir un hybride d’abeilles capable de résister aux conditions extrêmes de l’Amazonie.

Le plan et ce qui a mal tourné

La solution retenue fut d’importer des abeilles de l’Afrique du Sud. Ces abeilles, connues pour leur travail acharné et une production de miel « astronomique », devaient être croisées avec des variétés locales plus dociles. Les reines devaient ensuite être confinées dans un centre de recherche près de São Paulo, protégées par des grilles d’isolation destinées à empêcher toute fuite.

Mais une erreur humaine a tout compromis. Un apiculteur auxiliaire, pensant bien faire, a retiré les grilles de protection, permettant à 26 reines de s’échapper en 1957. Ce qui devait rester un simple croisement a donné naissance aux abeilles africanisées, rapidement baptisées par les médias « abeilles tueuses ».

Ce que l’hybride africanisé a provoqué

Les abeilles africanisées mêlent les caractéristiques des abeilles africaines et locales. Elles se sont révélées très adaptées au climat tropical, mais aussi d’une agressivité marquée. Ce n’est pas leur venin qui pose problème ; il n’est pas plus toxique que celui des abeilles européennes, mais leur comportement de groupe. Contrairement à l’abeille européenne qui envoie quelques individus pour défendre sa ruche, l’hybride attaque en masse et peut poursuivre sa cible sur plusieurs centaines de mètres. Les antibiotiques naturels présents dans le pollen pourraient jouer un rôle crucial dans la protection des abeilles.

Sur le continent américain, les conséquences ont été lourdes : cette agressivité a causé la mort de plus de 1 000 personnes depuis 1957, selon le journaliste Darren Orf dans Popular Mechanics.

Leur progression inexorable

Les abeilles africanisées avancent chaque année de 300 à 500 kilomètres. Elles ont traversé l’Amérique centrale et atteint le sud des États-Unis au début des années 1990. En 1993, un éleveur texan a été la première victime officiellement enregistrée sur le sol américain. Le réchauffement climatique pourrait permettre à ces essaims de gagner de nouvelles zones, comme le sud des Appalaches et le sud-est de l’Oregon, si les températures deviennent plus clémentes.

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