Des scientifiques découvrent une île artificielle vieille de 5 000 ans : personne ne sait expliquer comment elle a été construite sans outils modernes

Une récente étude révèle que les crannogs écossais, longtemps associés à l’âge du Fer, pourraient remonter à 5 000 ans.

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Des scientifiques découvrent une île artificielle vieille de 5 000 ans : personne ne sait expliquer comment elle a été construite sans outils modernes
Des scientifiques découvrent une île artificielle vieille de 5 000 ans : personne ne sait expliquer comment elle a été construite sans outils modernes © RSE Magazine

Un site sur l’île de Lewis, en Écosse, remet en cause pas mal d’idées reçues. Des chercheurs de l’Université de Southampton ont repris l’étude du crannog de Loch Bhorgastail, au sud‑ouest de l’île, et ont réévalué son âge et sa portée historique. Ce résultat ne concerne pas seulement l’archéologie écossaise : il nous pousse à repenser la place des communautés néolithiques.

L’île artificielle de Loch Bhorgastail : un vestige vieux d’environ 5 000 ans

Les crannogs, ces îles artificielles, parsèment les lochs (lacs écossais) et sont souvent associés à l’âge du Fer. Mais le crannog de Loch Bhorgastail sort du lot. Daté d’il y a près de 5 000 ans, ses fondations submergées montrent une technicité bien plus ancienne que celle qu’on attribuait jusque‑là à l’âge du Fer (entre 800 av. J.-C. et 50 av. J.-C.), explique le Journal du Geek. Le site fait environ 20 mètres de diamètre et son existence a été confirmée grâce à des méthodes d’analyse modernes.

Plongée sous les eaux : techniques et trouvailles

Le loch étant naturellement trouble et boueux, l’équipe a dû innover. Un plongeur, équipé d’un cadre portant deux caméras grand‑angle à faible luminosité, a sondé le fond, méthode qui rappelle les techniques de télédétection utilisées pour découvrir des monuments funéraires néolithiques. Cette méthode a permis de produire un modèle 3D détaillé, similaire à la découverte d’une cité sous-marine dans le golfe de Khambhat.

Des éléments en bois retirés lors des fouilles ont été datés au carbone 14, montrant que les premières constructions néolithiques remontent bien plus loin que prévu. Ces résultats confirment aussi des découvertes faites en 2012 par Chris Murray, ancien plongeur de la marine, qui avait mis au jour des poteries néolithiques au pied de plusieurs crannogs sur l’île.

Ce que cela dit sur l’histoire et la culture des crannogs néolithiques

Longtemps considérés comme appartenant à une période plus tardive de l’histoire, les crannogs montrent désormais un rôle notable dès le néolithique. La présence de poteries néolithiques et d’autres objets ne change pas seulement la chronologie : elle renvoie à des pratiques et savoir‑faire bien développés à cette époque. Selon Stephanie Blankshein, archéologue et co‑autrice de l’étude, les fondations détectées entre 3 800 et 3 300 avant notre ère modifient notre lecture de l’ampleur des techniques employées par ces sociétés.

Parmi les hypothèses sur leur fonction, ces îles pouvaient servir de lieux rituels, d’emblèmes symboliques, d’établissements de prestige, avoir un rôle défensif ou être liées à l’exploitation des ressources halieutiques. Pour le crannog de Bhorgastail, aucune preuve décisive n’a encore été trouvée.

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