Les nappes phréatiques explosent les compteurs : une recharge jamais vue depuis des années

Février 2026 a marqué un tournant pour les nappes phréatiques en France, avec des pluies record et une recharge inédite.

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Les nappes phréatiques explosent les compteurs : une recharge jamais vue depuis des années
Les nappes phréatiques explosent les compteurs : une recharge jamais vue depuis des années © RSE Magazine

En mars 2026, les informations publiées par le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) montrent les conséquences importantes des pluies record sur les nappes phréatiques en France. Pour la première fois depuis 1959, le pays a connu un mois de février exceptionnellement pluvieux, entraînant une recharge des nappes souterraines d’une ampleur rare. Ce phénomène interroge alors que le climat évolue et que les questions liées à l’eau prennent de l’importance.

Bilan de la situation : les nappes phréatiques sont pleines

Les précipitations exceptionnelles tombées entre le 7 janvier et le 19 février 2026, suivies d’événements extrêmes comme les tempêtes Nils et Pedro, ont littéralement gorgé de nombreuses régions d’eau. Les inondations ont particulièrement frappé les départements du Lot-et-Garonne et du Maine-et-Loire, parmi d’autres.

Le BRGM relève que 84 % des nappes phréatiques affichent une hausse de leur niveau au 1er mars, contre 56 % en janvier, rapporte Les Echos. Par ailleurs, 67 % des points d’observation étaient au‑dessus des normales mensuelles. C’est un contraste net avec l’année précédente, où seuls 61 % des points avaient atteint ces valeurs.

Les effets varient fortement selon les régions. La Nouvelle-Aquitaine, par exemple, a connu des crues prolongées et étendues, montrant une réactivité rapide des nappes. À l’inverse, les formations géologiques des Grès vosgiens et des calcaires de Lorraine ont réagi plus lentement, avec des nappes encore modestement basses.

Dans le quart nord‑est du territoire, les nappes, bien que toujours en déficit, montrent des tendances à la hausse grâce à la réhumidification progressive des sols. Les Pyrénées‑Orientales, souvent touchées par la sécheresse, ont vu leurs nappes se stabiliser à des niveaux normaux pour la première fois depuis début 2022. Ces évolutions restent toutefois tributaires des pluies à venir.

A quoi s’attendre pour la suite ?

Malgré cette recharge favorable, le BRGM appelle à la prudence. La responsable du bulletin national des nappes, Violaine Bault, souligne dans les colonnes des Echos, l’incertitude sur les précipitations printanières. Elle met aussi en garde contre un réveil précoce de la végétation, qui pourrait réduire l’infiltration des pluies jusqu’aux nappes. Les risques de sécheresse estivale ne sont donc pas totalement écartés et dépendront largement de la pluviométrie printanière, et des restrictions d’eau pourraient être nécessaires.

D’après François Gemenne, professeur à HEC Paris, chaque degré supplémentaire dans l’atmosphère peut augmenter l’humidité de 7 %, ce qui tend à renforcer la probabilité d’événements extrêmes de ce type.

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