Climate Update 2025 : les promesses chiffrées d’ING en matière de climat

En publiant son Climate Update 2025, ING dévoile l’état d’avancement de sa stratégie climatique. Ce rapport met en lumière des objectifs chiffrés ambitieux, les progrès accomplis et les secteurs encore en retard, tout en détaillant comment la banque articule financement, innovation et inclusion pour accélérer la transition vers une économie bas carbone.

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Climate Update 2025 : les promesses chiffrées d’ING en matière de climat
Climate Update 2025 : les promesses chiffrées d’ING en matière de climat © RSE Magazine

Le 18 septembre 2025, ING a présenté son Climate Update 2025, une synthèse de ses actions climatiques intégrée à sa démarche RSE. Première banque systémique mondiale dont les cibles ont été validées par la Science Based Targets initiative (SBTi), ING ambitionne d’être un acteur moteur de la transition écologique et du financement durable. Ce rapport met l’accent sur la réduction des émissions, le soutien aux nouvelles technologies bas carbone et la participation des clients particuliers à l’effort collectif, dans un contexte où le climat demeure au centre des préoccupations économiques et sociétales.

Objectifs et politiques de réduction des émissions

Dans ce rapport, ING rappelle que « la gestion du risque climatique est inhérente à notre métier de banquier » (Steven van Rijswijk, CEO d’ING). L’établissement s’est fixé des cibles validées par la SBTi, alignées sur un scénario de +1,5 °C, ce qui en fait un pionnier du secteur bancaire. Il prévoit notamment une réduction de 44 % de ses émissions directes et indirectes (scopes 1 et 2) d’ici 2030 par rapport à 2023. Pour son portefeuille de prêts – principal levier d’émissions dites financées –, la banque a fait valider des cibles sectorielles couvrant le pétrole et gaz, l’électricité, le ciment, l’automobile, l’aviation, la sidérurgie et l’immobilier commercial, représentant environ 63 % des émissions financées totales.

Pour atteindre ces objectifs, ING s’appuie sur son approche Terra, un cadre mis en place dès 2018. Terra calcule les émissions absolues de chaque secteur financé et suit leur intensité carbone relative (par exemple, émissions par unité de chiffre d’affaires ou de production). « Notre approche privilégie l’inclusion et le soutien à nos clients dans leur transition plutôt que le simple désengagement », affirme Anne-Sophie Castelnau, directrice mondiale Développement durable.

Politiques sectorielles et financements alignés

Dans le secteur de l’énergie, ING a confirmé qu’elle avait cessé le financement dédié à de nouveaux champs pétroliers et gaziers dès 2022 et qu’elle mettrait fin au financement des activités amont du pétrole et du gaz d’ici 2040, avec un objectif intermédiaire de –35 % de financements d’ici 2030. Pour le charbon, l’arrêt du financement des nouvelles centrales est effectif depuis 2015 et le retrait complet du financement des centrales existantes est prévu pour fin 2025. Ces décisions sont guidées par les scénarios Net Zero de l’Agence internationale de l’énergie.

En parallèle, ING augmente fortement ses financements verts. Elle a triplé son objectif annuel de financement des énergies renouvelables pour atteindre 7,5 milliards d’euros par an d’ici fin 2025 (contre 2,5 milliards visés en 2022). En 2024, la banque a déjà engagé 7 milliards d’euros dans ce domaine, finançant notamment des projets éoliens offshore en mer Baltique (1 440 MW en Pologne) et des infrastructures de stockage d’énergie de grande capacité aux Pays-Bas. Elle a également soutenu des projets pionniers en biogaz et capture de CO₂, comme le financement du Northern Endurance Partnership au Royaume-Uni, évalué à 3,9 milliards de livres sterling.

Avancées, secteurs en retard et inclusion des clients

Selon son rapport Terra, ING juge « en bonne voie » quatre secteurs (électricité, pétrole & gaz amont, automobile et transport maritime), « presque sur la bonne voie » le ciment, l’aluminium, l’immobilier commercial et le pétrole & gaz intermédiaire, et « non alignés » la sidérurgie et l’immobilier résidentiel. La banque reconnaît que le climat est un défi systémique, lié à la disponibilité de technologies bas carbone et à l’hétérogénéité des politiques publiques. Elle finance encore plus d’activités non durables que durables, reflet de l’état actuel de l’économie mondiale.

L’inclusion constitue le troisième pilier de sa stratégie. Avec un portefeuille hypothécaire important en Europe, ING propose des produits incitatifs : taux préférentiels liés aux étiquettes énergétiques, prêts travaux à taux réduit et outils numériques d’aide à la rénovation. En décembre 2024, elle a lancé aux Pays-Bas « ING Upgrader », un service de bout en bout pour simplifier la rénovation énergétique des logements en partenariat avec Winst uit je woning. « Nous voulons faire en sorte que rénover sa maison inclue automatiquement un volet durable », précise Pinar Abay, membre du directoire de Retail Banking. D’après une étude menée avec Guidehouse, le taux de rénovation énergétique dans l’UE reste en moyenne à 1 % par an, soit trois fois moins que les 3 % nécessaires pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

En renforçant ces dispositifs, ING espère contribuer à l’augmentation du nombre de rénovations profondes et à l’amélioration des performances énergétiques du parc résidentiel. « Avec le durcissement des réglementations et la hausse de la demande pour des logements éco-énergétiques, rendre sa maison plus durable n’est plus seulement une bonne idée : c’est une stratégie avisée », affirme Maximillian Hempel, coordinateur mondial des hypothèques.

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