La Terre n’arrête jamais de bouger. Les continents glissent et se percutent au fil de millions d’années. Ce ballet naturel pourrait bien finir par donner naissance à un nouveau supercontinent dans un futur lointain. Ce phénomène passionnant suscite aussi des questions importantes sur l’évolution du climat et de la vie sur notre planète.
La Terre en mouvement perpétuel
Les phénomènes naturels – éruptions volcaniques, tsunamis, tremblements de terre – montrent bien que notre planète est en mouvement constant. João Duarte, géophysicien à l’Université de Lisbonne, s’attelle à imaginer à quoi pourrait ressembler la Terre dans plusieurs millions d’années. Le terme « supercontinent » fut popularisé par Alfred Wegener au début du XXe siècle pour désigner le regroupement massif de terres émergées en une seule masse. Cette idée a trouvé sa légitimation avec la découverte de la tectonique des plaques à la fin des années 1960.
Au fil de son histoire, notre planète a vu plusieurs supercontinents. La Pangée, dernier arrivé en date, est apparue il y a environ 320 millions d’années avant de commencer à se fragmenter il y a 250 millions d’années, ce qui a permis l’ouverture de l’océan Atlantique (une étape marquante dans l’évolution de la géographie mondiale).
Cap vers un nouveau supercontinent
Les cycles qui donnent naissance aux supercontinents durent environ 500 millions d’années – et pour tout vous dire, nous sommes en plein milieu de l’un d’eux. Selon les chercheurs, le prochain supercontinent (qui pourrait s’appeler « Pangea Ultima ») se formerait dans 250 à 300 millions d’années. Plusieurs scénarios sont envisagés :
- les plaques tectoniques pourraient se rejoindre en refermant soit l’océan Atlantique, soit le Pacifique.
- Le Pacifique, étant l’un des océans les plus anciens, pourrait être le premier à se refermer.
Il est difficile de prévoir exactement où et comment ce nouveau supercontinent prendra forme. Les forces qui font bouger les plaques tectoniques restent encore en partie mystérieuses. Des outils comme GPlates aident les scientifiques à simuler ces déplacements pour mieux anticiper ces transformations majeures.
Les retombées sur le climat et la biodiversité
La formation d’un supercontinent influencerait énormément le réchauffement climatique. Si celui-ci se dressait au niveau de l’Arctique, on pourrait assister à une longue période glaciaire. À l’inverse, s’il se formait près de l’équateur, l’intérieur des terres risque de se transformer en un désert aride. La tectonique des plaques joue en plus un rôle déterminant dans la répartition des espèces et l’évolution de la biodiversité (un peu comme si la configuration des terres décidait qui peut vivre où).
Le futur supercontinent verrait peut-être émerger un climat très chaud et sec, avec des températures oscillant entre 40 et 70 degrés Celsius. Le Dr Alexander Farnsworth explique que cette configuration donnerait « un environnement essentiellement hostile ». Le soleil y brillerait d’une intensité renforcée et une forte concentration de CO2 rendrait les conditions encore plus difficiles.
Un futur incertain pour la vie sur Terre
Dans cet environnement extrême qui pourrait se dessiner dans 250 millions d’années, seulement 8 % des terres émergées seraient vivables. Cela laisserait peu de place pour de nombreuses espèces, y compris les humains, qui pourraient disparaître faute de ressources indispensables comme la nourriture et l’eau.
Le Dr Eunice Lo nous rappelle qu’il faut rester concentré sur nos enjeux actuels en déclarant : « Il ne faut pas perdre de vue la crise climatique d’aujourd’hui. » Atteindre la neutralité carbone paraît être une priorité pour éviter que ces scénarios futuristes ne se concrétisent plus tôt que prévu.








