Les super éruptions volcaniques, c’est un phénomène naturel d’une ampleur incroyable qui pourrait chambouler notre climat. D’après Markus Stoffel, il y aurait une chance sur six qu’une éruption de grande envergure survienne ce siècle – la question n’est donc pas de savoir si cela arrivera, mais bien quand. Ces événements spectaculaires pourraient avoir des répercussions terribles sur l’environnement et la vie en société.
Les leçons du passé : l’éruption du Tambora en 1815
En 1815, le volcan Tambora en Indonésie nous a offert un mauvais rappel des effets de ces éruptions massives. L’explosion a balancé d’énormes quantités de fumée et de particules dans l’atmosphère, ce qui a renvoyé une partie de la lumière du Soleil. L’année suivante, surnommée « l’année sans été », fut synonyme de récoltes catastrophiques, de froid glacial et ce fut la cause d’environ 90 000 morts. Cette débâcle a aussi été le terreau d’une pandémie de choléra. Fait amusant : c’est à cette période, lors d’un séjour glacial en Suisse en 1816, que Mary Shelley aurait puisé l’inspiration pour écrire « Frankenstein ».
This massive crater was formed by the eruption of Mount Tambora in 1815, the largest volcanic eruption in recorded history. The event unleashed such immense energy that it significantly impacted global climate, causing the infamous "Year Without a Summer." This climatic anomaly… pic.twitter.com/PbJpTMdrPt
— Black Hole (@konstructivizm) December 1, 2024
Les dangers du dioxyde de soufre
Le dioxyde de soufre joue le rôle de principal perturbateur dans ces événements. Lors de l’éruption du Pinatubo en 1991, environ 15 millions de tonnes de ce gaz ont été déversées dans l’atmosphère. Ces émissions font baisser la température globale et modifient les précipitations à travers le monde.
Ces aérosols de soufre ne se contentent pas de refroidir la Terre : ils perturbent aussi les précipitations, augmentant le risque de sécheresse dans des zones déjà fragilisées comme l’Asie et l’Afrique. Un refroidissement prolongé de la planète pourrait par la suite provoquer de graves crises sur le plan économique et social.
Conséquences climatiques et sociales possibles
La remise en activité de volcans anciens pourrait faire baisser significativement la température mondiale, ce qui compliquerait encore les tensions économiques et sociales. Un refroidissement durable risquerait de provoquer des famines, de renforcer les tensions internationales et même de déclencher des conflits. Selon Michael Rampino, le monde est bien plus instable aujourd’hui.
Certes, on peut penser qu’une super éruption offrirait un contrepoids au réchauffement climatique actuel, mais cet effet ne serait que temporaire. Pour reprendre Thomas Aubry, le devenir du climat après une éruption reste incertain et, après quelques années, le réchauffement reviendrait de plus belle.
Se préparer face à une menace inévitable
Face aux mises en garde de scientifiques comme Markus Stoffel, il faut sérieusement songer à se préparer. Avec environ 1 600 volcans émergés actifs capables de générer une super éruption, il est impossible de prévoir avec certitude le moment ou l’endroit de la prochaine catastrophe.
Il faut mettre en place des plans d’évacuation bien rodés et des stratégies pour assurer l’approvisionnement alimentaire en observant les comportements animaux. Sur le plan économique, les dégâts pourraient être faramineux : dès la première année après une super éruption, les pertes pourraient dépasser 3,6 trillions de dollars. D’après May Chim, certains territoires en subiraient les conséquences de façon bien plus marquée.








