Le moustique-tigre, porteur de maladies redoutées comme la dengue et le chikungunya, s’est bien implanté en France métropolitaine. Arrivé pour la première fois en 2004, ce petit fléau ne cesse de se multiplier et affecte à présent 81 départements. Les cas de maladies importées ne cessent de grimper, alimentant les préoccupations d’une possible installation durable de ces virus sur le territoire français.
La propagation du moustique-tigre et ses répercussions sur la santé
Depuis son arrivée en 2004, le moustique-tigre a pris ses quartiers dans une grande partie du pays. Parmi les départements nouvellement touchés, on retrouve la Marne, la Haute-Marne et la Haute-Saône. Cette expansion inquiète, surtout parce que cet insecte transmet des virus dangereux comme la dengue et le chikungunya, étant une des espèces envahissantes. En 2023, on a recensé plus de 1 100 cas importés de dengue et plus de 900 cas de chikungunya en France métropolitaine.
Par ailleurs, la région Auvergne-Rhône-Alpes est particulièrement concernée. Pour rappel, le moustique-tigre y a été repéré pour la première fois en 2012 et il serait aujourd’hui présent chez près de 75 % de la population de la région. Plus d’un quart des communes hébergent déjà cet insecte indésirable, faisant d’Auvergne-Rhône-Alpes la deuxième région la plus touchée après Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Les dangers et les facteurs qui compliquent la situation
Les spécialistes redoutent que cette multiplication ne favorise la transmission locale des virus qu’il propage. Le réchauffement climatique joue un rôle majeur (il offre à ce moustique des conditions plutôt favorables pour se développer). D’autre part, la montée mondiale des épidémies de chikungunya et de dengue, particulièrement en Asie et en Amérique, expose encore davantage au risque d’importation par le biais des voyageurs.
Se prémunir et lutter contre le moustique-tigre
Pour freiner la progression du moustique-tigre, il suffit d’adopter quelques gestes simples, notamment éviter l’eau stagnante (là où les femelles déposent leurs œufs). Les coupelles de pots de fleurs et les récupérateurs d’eau doivent être surveillés de près. De plus, certaines communes offrent une aide financière pour l’achat de pièges qui diffusent du CO2, lesquels attirent et capturent ces moustiques.
Aymeric Bogey, directeur de la santé publique à l’agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, rappelle ainsi : « La meilleure façon de se préserver des maladies est d’appliquer des gestes simples : sans eau stagnante, pas de moustiques. »
Les initiatives en cours et leurs limites
Face à ce problème grandissant, des opérations de démoustication sont lancées quand c’est nécessaire, afin d’éliminer les gîtes larvaires aux abords des lieux fréquentés par les personnes malades. Attention, ces interventions touchent également certains insectes utiles à l’équilibre de l’écosystème.
Une expérience intéressante consiste à diffuser des moustiques stériles pour empêcher leur reproduction. Cette initiative est testée par l’agence nationale de sécurité sanitaire.







