40 % du pétrole russe bloqué : la mer Baltique recouverte de glace

La glace recouvre le golfe de Finlande, paralysant jusqu’à 40 % des exportations pétrolières russes.

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40 % du pétrole russe bloqué : la mer Baltique recouverte de glace
40 % du pétrole russe bloqué : la mer Baltique recouverte de glace © RSE Magazine

Face à un ennemi inattendu, la glace, la Russie, dont l’économie est déjà sous pression, doit affronter une nouvelle épreuve météorologique. Une gigantesque couche de glace recouvre actuellement le golfe de Finlande, perturbant gravement les exportations de pétrole et de matières premières, un secteur clé pour l’économie du pays. Cette banquise exceptionnelle s’ajoute aux sanctions internationales et met en lumière la vulnérabilité logistique de la nation.

Une vague de froid qui s’abat sur l’Europe de l’Est

L’hiver rigoureux de cette année a provoqué une vague de froid intense en Europe de l’Est, gelant une grande partie des eaux du golfe de Finlande, dans la mer Baltique. D’après BFMTV, la glace atteint aujourd’hui une épaisseur de 25 cm, et met en danger jusqu’à 40 % des exportations pétrolières russes qui passent par ce passage stratégique, un volume qualifié de « principal moteur financier de l’économie de guerre de Moscou ».

Pour beaucoup d’experts, la situation rappelle le mythe du « Général Hiver » et les hivers qui, par le passé, ont repoussé des envahisseurs comme Napoléon et l’Allemagne nazie.

Le golfe de Finlande reste une artère vitale pour plusieurs ports stratégiques, tels que Primorsk, Vysotsk et Oust-Louga. Alexandre Kolesov, météorologue en chef de Saint-Pétersbourg, a indiqué via son compte Telegram que la région est presque entièrement couverte de glace, et que l’épaisseur devrait encore augmenter pour atteindre 30 à 40 cm d’ici mars, selon le ministère des Transports.

Les conséquences sur la logistique

La situation a entraîné une paralysie partielle des ports russes de la zone. Les autorités portuaires ont lancé une alerte maximale à Primorsk et Vysotsk, et ont confirmé que les navires non homologués « classe glace » devront probablement être immobilisés dès le 1er mars. Le temps d’attente pour les navires escortés par des brise-glaces peut désormais atteindre jusqu’à 12 heures, voire 16 à 24 heures pour les navires de classe inférieure, selon l’Association russe de l’acier.

Les exportations depuis Primorsk ont chuté de 30 % par rapport à l’année précédente et ne représentent plus que 50 % de celles enregistrées en 2004, d’après les données compilées par l’agence Bloomberg. Cette réduction drastique montre à quel point le gel pèse sur l’économie russe. La pénurie de brise-glaces, pointée par le quotidien Kommersant et un magazine maritime ukrainien, aggrave encore la situation.

Les efforts de mobilisation et les répercussions économiques

Pour faire face au problème, les autorités russes ont redéployé des brise-glaces depuis l’Arctique vers le golfe de Finlande et ont sollicité Rosatom pour obtenir un brise-glace à propulsion nucléaire. Ces mesures n’ont toutefois pas totalement levé les perturbations.

Les retards dans le traitement des cargaisons essentielles, comme l’alumine destinée aux fonderies d’aluminium, entraînent des surcoûts logistiques estimés entre 0,46 € et 1,38 € par tonne. Un responsable du groupe Rusal a exprimé son mécontentement, affirmant que les navires restés trop longtemps en attente sont traités en dernier.

Par ailleurs, le secteur charbonnier pourrait voir sa facture augmenter de plusieurs « centaines de millions d’euros ». Alexander Masko, responsable portuaire, met en garde : ces ralentissements pourraient non seulement toucher l’industrie métallurgique, mais aussi provoquer une réduction, voire un arrêt complet, des exportations de métaux ferreux, non ferreux et d’engrais minéraux.

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